Fil d’actualité Programme Forêt Sèche

Position: Participer à l’émancipation des femmes

Envol Vert s’engage à cultiver autrement afin de protéger un écosystème en voie de disparition et de désertification. Trois objectifs fondamentaux permettent d’y arriver :

  1. la mise en place des systèmes agroforestiers et sylvopastoraux,
  2. la souveraineté alimentaire et la constitution d’alternatives économiques,
  3. la capitalisation d’expériences.

Au-delà des enjeux environnementaux, le programme vise un renforcement de la société civile. Le projet bénéficie ainsi à près de 40 familles paysannes, soit environ 150 personnes.

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Juin 2020 : Protocoles de biosécurité

Tout au long du mois de juin, nous avons mis en place un protocole de biosécurité dans les pépinières et adapté nos méthodes de travail. La quarantaine ayant commencée le 25 mars en Colombie, elle est prolongée jusqu’au 1 août (pour l(instant). Le décret présidentiel régulant les activités en temps de quarantaine nous permet de poursuivre nos actions sur le terrain.

Après quelques semaines de travail à la maison, les volontaires sont retournés sur le terrain. Ce fut possible grâce à un respect des normes locales de biosécurité. Envol Vert s’est ainsi engagé à équiper les bénéficiaires pour travailler en toute sécurité. Après une petite formation sur les façons dont se diffuse le Covid19 et de comment y faire face, nous avons remis aux bénéficiaires leur équipement (masques, gel, savon, alcool). Nous avons mis en place de nouvelles façons de travailler ensemble pour s’adapter à ces nouvelles normes.

Mai 2020 : Grâce à la pluie, les plantations

Les graines ont poussé et les plantules sont prêtes à mises en terres. En ce mois de mai, la saison des pluies a enfin commencée. Les bénéficiaires ont pu entreprendre la plantation des arbres.

D’une part pour les corridors biologiques qui sont le fruit d’un accord entre la chaine de restaurant colombien Crêpes & Waffles et Envol Vert. Les bénéficiaires se sont engagés à planter 4.000 arbres, au sein de quatre couloirs biologiques afin de restaurer la forêt sèche tropicale, ses essences et sa biodiversité.

D’autre part, nos bénéficiaires se sont organisés collectivement et ont ainsi poursuivis le processus de constitution de leurs parcelles agroforestières. Ils ont entrepris, à la fois, de planter et de tenir un registre des plantules, nous permettant ainsi de suivre leur évolution.

 

Avril 2020 : Les arbres n’attendent pas !

Pendant le mois d’Avril, le travail a été totalement chamboulé dans les projets, et Envol Vert a adapté son travail en adéquation avec les directives sur le Covid-19. Carlos, le président d’Apsacesar, l’association qui nous accompagne dans le projet a fait quelques visites dans les pépinières. Il a aidé sur le remplissage des sacs, l’organisation et ainsi facilité le travail des paysans. Les premiers arbres commencent à naitre, et ils ne vont pas attendre avant de retourner en terre ! Les paysans en profitent pour passer plus de temps dans les parcelles, et ils préparent ainsi le terrain pour l’arrivé des premiers arbres. Nous attendons toujours l’arrivée de la récolte de Noyer Mayer qui devrait commencer le prochain mois !

 

 

Mars 2020 : La ferme de demain sera agroforestière

Dessin ferme agroforesterie
La ferme dessinée par le Sr. Quintero

Ce mois de mars a débuté le cycle des formations en agroforesterie sur l’ensemble des projets. Ici à Perijà, ce sont particulièrement les systèmes agroforestiers en café qui nous intéressent. L’intention étant, de montrer aux agriculteurs des alternatives soutenables qu’ils peuvent mettre en place dans leur propre ferme.

Cela permet aussi de mettre en avant l’importance des ressources dont ils disposent, et de comprendre les avantages de l’implémentation de systèmes agroforestiers. Les agriculteurs se sont donc prêtés à l’exercice, en dessinant leur ferme avec les différents changements qu’ils souhaitent y apporter: zone de conservation, café en agroforesterie, systèmes sylvo-pastoraux, haies vives, et bien d’autres.

Nelson Quintana, caféiculteur et bénéficiaire du projet fait le bilan : “ Ce sont des choses que je n’ai jamais apprises, et je suis content de les apprendre aujourd’hui. Car de cette manière nous allons pouvoir développer des techniques plus respectueuses de l’environnement et de nos terres.”

 

Mars 2020 : Aller à la découverte de la forêt de Noyer Maya de Becerril

Le site de Becerril en Colombie fait un pas de plus vers l’approfondissement des connaissances sur le Noyer Maya grâce à un nouveau partenariat. En effet, nous avons reçu la visite de l’Institut Humboldt. Il se charge notamment de l’étude de la biodiversité en Colombie et souhaite nous aider sur l’étude du Noyer Maya.

Notre emblématique Noyer Maya a en effet trouvé un sanctuaire dans les forêts de Becerril. Nous y avons la chance d’observer une forêt non modifiée par l’homme depuis plusieurs décennies. Elle regroupe aussi une très belle biodiversité. Ces lieux sont propices aux études ; nous avons choisi deux zones avec quatre parcelles de suivis. Ces repères nous permettront de mieux analyser la production et la croissance du Noyer Maya.

Nous allons bientôt retourner sur ces zones, pendant la période de récolte des graines de Noyer Maya afin de continuer les recherches sur l’utilité du Noyer Maya sur son écosystème et sa production. Nous sommes vraiment heureux de ce partenariat avec l’Institut qui nous permet de mieux approfondir le sujet et de découvrir ces lieux uniques en Colombie. En effet, nous étions tous étonnés de la conservation du lieu et de son importance pour la zone. Il nous tarde de mieux étudier cet endroit afin de le conserver au maximum.

Nous avons fait cinq nouvelles parcelles d’études, en différent lieux afin d’avoir une vision large, mais précise du comportement du Noyer Maya en fonction de son écosystème. De la foret « vierge », au couloir de biodiversité en passant par des zones de pâturages sous arbres. Nous attendons les premières graines afin de mettre en place le processus de récolte des informations.

Nous avons aussi profité de la forte biodiversité de la zone, où nous avons rencontré différentes espèces de singes, de serpents et nous attendons toujours avec impatience la venue du singe araignée, et peut-être du jaguar !

Février 2020 : Visite de l’AFD

En cette fin de mois de février, nous avons reçu la visite du bureau colombien de l’Agence Française de développement (AFD). En tant que financeur, l’AFD a souhaité connaître les activités de terrain d’Envol Vert dans la Municipalité d’Ovejas. Au programme, visite des pépinières et réunion avec les agriculteurs de l’AEDECOS (Association d’entrepreneurs du développement économique paysan d’Ovejas Sucre) dans le lieudit La Coquera.

Ce fut l’occasion pour nos visiteurs de planter quelques arbres de Noyer Maya produits par les bénéficiaires. Le jour suivant, nous sommes allés explorer une forêt sèche de Noyer Maya dans le lieudit du Palmar, où les bénéficiaires collectent les graines pour les activités de pépinière et de transformation du projet. Enfin, les membres de l’AFD ont pu assister à la formation des bénéficiaires à la transformation du Noyer Maya.

Janvier 2020 : Nouvelle année, nouvelles connaissances à Becerril

Le mois de janvier a été un mois riche en activités, préparation de compost, atelier d’association d’agriculteurs, renforcement des pépinières, collecte de graines. L’élaboration de l’engrais est très importante, elle nous permet de parler des sols et aussi de la façon dont nous allons planter les arbre!

Avec des journées ensoleillées, des températures élevées et des rafales de vents forts nous continuons à travailler, en parlant cette fois des sols vivants avec un atelier pratique d’engrais organiques. Les agriculteurs ont reconnu l’importance de maintenir un sol sain, et qu’à partir de maintenant ils travailleront pour le maintenir, en prendre soin et le nourrir. Sans cela, le bon développement de leurs cultures, de leurs arbres et de la vie de milliers de micro-organismes qui travaillent sans cesse pour maintenir la composition du sol n’est pas possible. En effet, il faut de nombreuses années pour obtenir un centimètre de sol, et en raison de pratiques inappropriées, telles que les coupes et le brûlage excessif pour avoir des zones « fertiles. De plus, avec l’action de la pluie et du vent qui est très fort sur la région, les conditions pour perdre un sol rapidement sont réunis.

Après avoir compris l’importance du sol, nous avons commencé l’atelier pratique de compostage (Bocachi) où se trouve la pépinière de Rio Maracas et Caño Rodrigo, en utilisant des matériaux de leurs fermes pour les systèmes agroforestiers, les zones de restauration et sylvopastorales et être en mesure d’être prêt dans les premières saisons des pluies.

Nous avons également organisé une formation sur les associations paysannes et l’associativité. Nous voulons créer une entité avec les agriculteurs afin qu’ils s’organisent et puissent vendre des produits de leurs fermes et du Noyer Maya.

La communauté a été formée sur les questions d’association, dirigée par Daisy, la directrice d’Envol’Vert, pour le renforcement organisationnel de la communauté afin qu’elle puisse mener ses propres processus de développement, en traitant des questions concernant ce qu’est une entité à but non lucratif, les différences entre association et coopératives. Les paysans manifestent un vif intérêt pour la formation d’une association et envisagent d’appartenir à la mutuelle qui se constitue, ce qui serait très utile et pourrait faciliter les échanges avec d’autres entités de la région qui travaillent sur des sujets communs. Ils continueront de travailler avec la communauté afin de pouvoir décider ce qu’ils veulent vraiment. Cette formation a été un moment d’échange d’idées, de visions où personne n’a été laissé sans voix. Maintenant, nous devons renforcer ensemble l’esprit d’aide et de communauté pour aller de l’avant et créer l’association d’agriculteurs avec une base solide. En effet, il nous ont rappelé qu’ils n’avaient presque jamais travailler ensemble, et que le type de projet que nous développons et donc nouveau pour eux.

Janvier 2020: Fermeture du projet à Los Limites après 5 ans de travail

Après cinq ans de projet, presque tous les objectifs ont été atteints.

Les agriculteurs ne pratiquent plus le brûlage de végétaux ou la production de charbon de bois. Les parcelles sont maintenant exploitées en agroforesterie, avec une grande diversification de cultures. Au total, 4 000 arbres ont été plantés dans la région. Un espace silvopastoral a été créé et le guáimaro fait maintenant partie de la culture des membres du projet Límites.

La communauté a également été formée à la transformation alimentaire, qui est l’une des activités phares de l’association paysanne créée. En effet, ASOCALIM (Asociación de Campesinos de Los Límites) a réussi à mettre en place de nouvelles alternatives économiques durables, comme la vente de ses produits biologiques ou même l’agrotourisme.

Malheureusement, le processus juridique visant à établir un corridor écologique entre deux réserves n’a pas abouti. Le projet a malgré tout contribué à la conservation de la biodiversité de la forêt tropicale sèche, y compris la protection du singe Titi, grâce aux plantations rétablissant un environnement favorable au développement de l’espèce.

L’association paysanne ASOCALIM a déjà trois ans d’expérience et continue de se renforcer tant sur le plan matériel qu’organisationnel. Elle a pu se présenter comme un acteur environnemental clé dans la région. Elle a construit des alliances avec les différentes organisations et entités régionales. ASOCALIM semble donc en bonne voie de reprendre le projet après cinq ans de soutien de l’ONG Envol Vert.

Et la suite ?

On se revoit bientôt, donc pas d’adieu, car nous continuerons à leur rendre visite trois ou quatre fois par an, en assurant le lien entre eux et les acheteurs nationaux et en suivant les progrès. Si nécessaire, en les accompagnant dans leurs difficultés.

Ces articles présentent les échanges inter-projets réalisés afin de partager les expériences et les savoirs sur des thématiques précises entre paysans de zones géographiques distinctes mais similaires au niveau des écosystèmes.

Décembre 2019 : Gestion de la ressource hydrique

Quelque chose d’important qui s’est passé au cours de ce mois a été la formation en gestion des ressources en eau. C’est un point clé pour la communauté, car cette zone est caractérisée par un accès limité à cette ressource.

Jonathan Gordillo, technicien agroforestier d’Envol Vert, a expliqué aux participants les techniques de gestion adéquate de l’eau pour l’irrigation des arbres dans les parcelles.

Cette formation met également fin à la livraison d’une série de matériaux qui feront partie du système d’irrigation, pour chacune des parcelles agroforestières, où son apport principal proviendra de la collecte des eaux de pluie.

 

 

 

Novembre 2019 : Le défi de l’utilisation des richesses naturelles sans les endommager

Ce mois-ci, nous nous sommes concentrés sur le développement des alternatives économiques à la déforestation, en particulier avec les graines de Noyer Maya. Le Noyer Maya récolté le mois dernier a été séché dans les séchoirs solaires et une formation sur la transformation du Guaimaro en farine a été donnée à la communauté avec l’intention de pouvoir la commercialiser dans le futur.

En outre, nous nous sommes impliqués dans la discussion juridique sur les « produits de la forêt autre que le bois (PFNM) » à Monteria avec le Ministère de l’Environnement, divers artisans, entreprises, commerçants et corporations autonomes régionales.

Ensemble, l’objectif fut de mieux comprendre quels sont ces produits de la forêt autre que le bois, quel bénéfice et  utilisation peut-on en faire, quelle est la législation actuelle pour ces produits et comment ajuster cette législation pour qu’elle soit adaptée au contexte actuel avec la finalité de pouvoir tirer parti de ces produits sans endommager la forêt voire mieux, en valorisant encore plus la forêt. Même si la loi concernant ces produits ne concerne pas encore la communauté paysanne pour le moment, c’est un thème extrêmement important pour la communauté. En effet, il sera nécessaire de s’aligner à la loi pour pouvoir développer le produit commercial de la farine de Noyer Mayaou de l’huile de « Olla de Mono » dans le futur et qu’ils se convertissent réellement en entrée financière durable.

Dans les activités programmées nous avons réalisé un atelier de transformation du Noyer Maya dirigé par Laura Velandia, qui forme partie de l’équipe d’Envol vert. Elle présenta aux bénéficiaires du projet le processus de transformation du Noyer Maya et d’obtention de la farine.

Novembre 2019 : Échange à Los Limites pour les paysans de Becerril

En ce mois de Novembre, les paysans ont découvert un projet phare d’Envol Vert, Los Limites qui a débuté il y’a cinq ans. Cet échange a permis de découvrir le travail d’Envol’Vert et de voir les résultats de nos actions après cinq ans.

Lors de cet échange nous étions accompagné d’une vingtaine de paysans et de l’Association APSACESAR qui nous épaule sur le projet. L’objectif de cet échange était de permettre à tous de mieux comprendre l’aboutissement du projet, aussi bien au niveau économique avec les alternatives que nous proposons, qu’au niveau des changements de pratiques agricoles.

Après une formation sur les principes de l’agroécologie nous sommes partis visiter les lieux clefs du projet de Los Limites. Le lombricompost, les locaux de l’Association de paysans de Los Limites, la pépinière et les parcelles des paysans. Cela nous a permis de mieux comprendre le fonctionnement de ces lieux et ce vers quoi nous devons aller ! Les paysans ont beaucoup échangé avec les personnes du projet de Los Limites, sur une variété de sujet, des étapes de la production de Noyer Maya, de la création de l’association aux techniques d’agroécologie.

Nous avons aussi découvert des produits à base de Noyer Maya et nous avons parlé plus amplement des aboutissements du projet. A la suite de cela, nous en avons profité pour avoir un avis sur ces moments passés ensemble. Les mots qui sont le plus revenus sont sur l’étonnement du changement des parcelles et de l’organisation des paysans de Los Limites.

Après ce moment d’échange, nous en avons profité pour aller à la plage et avoir des échanges plus informelles et ainsi renforcer l’esprit d’équipe des paysans de Becerril. Cela nous a aussi permis de nous relaxer avant le retour en bus. Cette échange a été un succès, et nous repartons encore plus motivé qu’avant !

Octobre 2019: Le lombircompostage à Perija

Le lombricompostage, est une technique permettant de produire un intrant biologique nourrissant les cultures, améliorant la qualité des sols, tout en valorisant les sous-produits organiques de la ferme. La matière organique est récupérée afin de devenir la principale source d’alimentation d’un élevage de vers de terre. Ces derniers, en la digérant, la transforment peu à peu en un compost qui pourra être épandu aux pieds des cultures. Les caféiculteurs de la Serranía del Perijá nous ont fait part de leur volonté d’en apprendre davantage sur la lombriculture.  En effet, ils souhaitaient réduire la quantité d’intrants chimiques sur leurs terres, voire commencer à cultiver certaines parcelles en agriculture biologique. En ce mois de Juillet, deux formations sur la lombriculture ont donc été délivrées. Au total, elles ont réuni 12 fermes, prêtes à se tourner vers de nouvelles pratiques.

Comment mettre en oeuvre la lombriculture ?

Les vers de terre utilisés pour la lombriculture sont issus de l’espèce Eisenia Foetida. Pour débuter un élevage, de petites quantités de vers ainsi que de matière organique sont suffisantes. Dans un bac percé posé à même le sol, sont élaborées différentes strates. Celles-ci peuvent être composées de terre, de compost, de fumier, d’épluchures de légumes et de cartons, auxquelles sont introduites les vers de terre. Le lombricompostage est un procédé simple, économique et écologique, mais requérant néanmoins un peu d’attention. Les vers de terres vivent dans l’obscurité et l’humidité. Il est donc important de les garder à l’abri du soleil, dans un environnement assez frais, ainsi que de les nourrir régulièrement. Si les conditions sont réunies, leur croissance exponentielle permet d’accroitre rapidement la quantité de matière organique introduite, et ainsi d’augmenter la production de compost.

Quel est l’avantage de la lombriculture?

Le lombricompostage permet d’accélérer la décomposition de la matière organique, et d’obtenir un compost de meilleure qualité. En comparaison à un compost traditionnel le lombricompost produit 5 fois plus d’azote, 7 fois plus de phosphore, 5 fois plus de potassium et 2 fois plus de calcium. Une fois les composts prêts, ils seront épandus au pied des cultures de la Serania del Perja, pour nous offrir un café toujours plus savoureux et respectueux de l’environnement.

Septembre 2019 : Un nouveau projet s’ouvre à Becerril

Après nos premières investigations sur le terrain à Becerril, nous avons confirmé la présence de nombreux Noyer Maya. C’est une belle opportunité pour les paysans et pour la préservation de la forêt ! De plus, à la différence d’autres zones géographiques, nous profitons de deux récoltes par an ; de quoi motiver tout le monde pour le lancement du projet.

A la suite d’une première réunion fin août avec les bénéficiaires et l’association APSACESAR qui nous épaule sur ce projet, nous avons présenté plus en détails les activités, avec en prime une dégustation de café au Noyer Maya. Tout le monde était à l’écoute, les premiers échanges, questions et interrogations étaient de mise et nous avons profité des dernières éclaircies avant la saison des pluies.

Après quinze jours de projet, les pépinières commencent à sortir de terre et les bénéficiaires s’organisent. Les premières graines commencent à tomber des arbres, renforçant notre motivation pour le projet. Nous devons finir les pépinières, et entamer la construction des séchoirs pour les graines des premières récoltes de Noyer Maya. Il nous faut aussi préparer les germoirs pour la première récolte des graines que nous voulons planter, et organiser les premières formations pour aider les agricultures à mieux s’intégrer au projet.

Septembre 2019: 3éme festival du Noyer Maya à Los Limites

Le 21 juillet dernier, l´ASOCALIM et la communauté de Los Limites ont organisé la troisième édition du Festival du Noyer Maya. Cet évènement culturel et environnemental célèbre cet arbre endémique de la forêt sèche tropicale.

Depuis trois ans, la communauté de Los Limites et l’Association des Paysans de Los Limites (ASOCALIM) célèbre l’arbre du Noyer Maya à travers un festival qui permet de faire connaître ce projet de conservation. Durant le festival, plusieurs activités culturelles et environnementales sont organisées. On y compte par exemple un forum environnemental, une danse de comparsa dédiée au Guaimaro, des stands de produits biologiques et un parcours agrotouristique. Ce dernier permet notamment de découvrir les parcelles construites sur un système agroforestier.

Cette année, une des activités phares du festival fut le forum environnemental sur le thème de l’agrotourisme. De fait, plusieurs organisations, dont le SENA (Service National d’apprentissage) ou l’Université Autonome de l’Atlantico, purent partager leurs connaissances sur l’agrotourisme. Ce dernier est en effet un des aspects du projet Titi qui permet aux visiteurs de vivre une expérience unique avec les paysans.

Août 2019 : Développons de nouvelles recettes

Pendant le mois d’août à Ovejas, le premier atelier d’alternatives économiques a eu lieu : transformation des produits agricoles locaux pour développer 5 recettes. Malgré la pluie qui a rendu difficile l’accès à l’atelier, l’événement présenté par Laura a été très réussi avec 23 participants (12 hommes et 11 femmes).

L’objectif de ces ateliers est de permettre aux communautés paysannes de se développer économiquement et d’atteindre une plus grande autonomie alimentaire par la connaissance de nouvelles façons de valoriser les productions locales.

Dans ce cas particulier, les bénéficiaires ont fait une sauce au tamarin (fruit tropical), des barres énergétiques à base de poudre de Noyer Maya (il se substitue au café ou cacao, par exemple, et contient une grande quantité d’huile essentielle, de nutriments et d’énergie), des conserves de pulpe de mangue (il y a toujours beaucoup de perte de mangue lors de la récolte, faute de savoir comment les conserver) et enfin une sauce à l’aubergine.

Afin d’aller plus loin dans la recherche de la souveraineté alimentaire dans les communautés, des séchoirs à graines sont en cours de construction afin qu’ils puissent contrôler eux-mêmes l’ensemble de la chaîne des produits : récolte des fruits et des graines, séchage des graines et déshydratation des fruits, transformation selon certaines recettes et enfin vente ou consommation personnelle.

Ces séchoirs seront inaugurés dans quelques semaines avec la récolte des graines de Noyer Maya qui ne devrait pas tarder, donnant lieu à de nouvelles possibilités pour les bénéficiaires des Montes de Maria.

Juillet 2019 : Le travail collectif est notre force

Les projets d´Envol Vert sont stimulés par le travail de groupe, les échanges et le partage. A Ovejas la majorité des bénéficiaires du projet de reforestation sont impliqués dans l’Asociación de Emprendedores del Desarrollo Económico Campesino de Ovejas (AEDECOS). L’idée est de s’organiser pour mener des projets dont les bénéfices sont pour chacun et aident le développement des activités économiques des familles.

Les 28 membres de l´association travaillent sur un terrain communautaire de trois hectares qui présente des parcelles, un lac et une petite maison communautaire. Ici est mené un projet de pisciculture du poisson tilapia et une culture de papaye, manioc, pastèque, haricot et mais en association. Le maintien de cet espace se fait collectivement.

Afin d´aider les achats individuels des membres de l’association, cette dernière possède un système de banque solidaire. Le fonctionnement est simple et efficace. Chaque membre a un compte dans cette banque solidaire et chaque semaine il peut ajouter de l’argent sur son compte. Lorsque ses économies atteignent les 40.000 pesos, il peut demander un crédit de 50 000 pesos. Si la majorité des membres approuve ce crédit en assemblée générale, cet argent est prêté le même jour. La personne devra rembourser petit à petit avec un intérêt de 2% pour l´association dans les deux mois. Ce système simple permet d’apprendre la notion d’économie collective et renforce l´esprit de solidarité.

Cette association est un bon modèle de développement économique local. Parfois les membres ont des soucis pour s´entendre mais travailler avec l´autre qui est différent de nous est tout un apprentissage, et c’est la clef pour continuer à améliorer la qualité de vie des familles.

Juin 2019: Echange de savoirs interprojet sur le Noyer Maya

Des représentants de chacune des quatre communautés membres de la fondation Envol Vert travaillant dans des projets de conservation et reforestation se sont réunis en juin 2019. Ce fût le deuxième échange entre ces quatre communautés et cette fois-ci l’hôte fût la communauté du projet d’Ovejas, Sucre, et le sujet principal était le Noyer Maya.

Le Noyer Maya, un arbre ancestral

Le Noyer Maya a été le thème principal de cette rencontre. Cet arbre a acquis une place importante en tant que jalon dans la conservation de l’environnement et la sécurité alimentaire. Ses avantages et ses possibilités d’usage en cuisine ont été révélés par les femmes d’ASOCALIM : lors d’un atelier cuisine celles-ci ont préparé de délicieuses recettes tout en expliquant leurs astuces de préparation aux représentants des autres communautés. De précieuses connaissances et techniques sur la transformation du Noyer Maya ont été échangées.

Autour du poêle à bois, M. Tomas, un représentant de la communauté de Los Limites, explique comment est préparée la farine grillée à base de Noyer Maya ainsi que le processus de conservation. Sa technique met en valeur les saveurs de farine de Noyer Maya et les arômes grillés ajoutent un parfum délicieux à la préparation. Certains des participants n’avaient jamais goûté cette préparation, malgré la présence du produit sur leur territoire. D’autres se souviennent de leurs parents préparant du riz au Noyer Maya et partagent leurs souvenirs. La curiosité est éveillée et tous se rapprochent du poêle pour sentir de plus près les arômes. Les questions sont nombreuses et M. Tomas transmet ses connaissances sur la récolte, le séchage, et le processus de transformation du Noyer Maya.

… avec des qualités « magiques »

Les bénéfices du Noyer Maya « Guaimaro » sont nombreux. Parfois certaines graines grillées tombent, alors les chiens et les poules se précipitent pour les manger. Leur riche composition nutritionnelle en fait un aliment très attrayant pour les animaux domestiques et sauvages. Le Noyer Maya a une teneur élevée en protéines, en calcium, en fer et en autres nutriments qui complémente le régime alimentaire des familles et en particulier celui des enfants.

Avec la farine de Noyer Maya grillé se prépare une infusion similaire au café. La communauté de Perijá pense que la boisson doit être plus forte, plus concentrée afin d’améliorer son intensité. Peu à peu les gens s’habituent aux saveurs douces et légèrement chocolatées. Puis pour continuer avec cette expérience culinaire, les femmes de ASOCALIM, avec leurs touches de joie, commencent à distribuer des cocadas, de la natilla et des gâteaux tous préparés à base de Noyer Maya.

La graine du Noyer Maya est également consommée cuite et peut être moulue pour faire de la pâte. Au cours de la deuxième étape de l’atelier les femmes ont séduit les participants avec leurs recettes d’empanadas et bollos (rouleaux) que chacun a pu déguster. La nourriture est un moyen efficace pour apprécier cet arbre merveilleux. Avec l’intégration de son utilisation dans les traditions culinaires des communautés, sa plantation et sa conservation sont encouragées.

La communauté d’ASSOCALIM développe des produits à base de Noyer Maya et est soutenue par Envol Vert sur la partie gestion commerciale. L’association est un exemple pour les autres communautés. Chez les participants s’est éveillée l’envie de mettre en place un processus de transformation de produits dans leur propre communauté afin de créer une économie alternative grâce à cet arbre endémique de la forêt sèche.

Mai 2019: La fin du charbon végétal à LosLimites

Les paysans bénéficiaires de l’association locale ASOCALIM et du projet d’Envol Vert à Los Límites, proposent un parcours agrotouristique retraçant certaines anciennes pratiques comme la fabrication du charbon de bois. L’objectif est de faire découvrir leurs parcelles agroforestières et leur projet de conservation de la forêt sèche tropicale.

La fabrication du charbon de bois, une pratique autrefois répandue parmi les paysans, aujourd’hui bénéficiaires du projet d’Envol Vert à Los Límites,  était celle de la fabrication du charbon de bois. Les paysans récupéraient le bois sur les parcelles qu’ils nettoyaient et dans la forêt tropicale sèche, et construisaient un four. Cette pratique pourtant très nocive pour la santé et l’environnement, et peu rentable, continuait d’exister par habitude. En effet, les paysans ne voulaient pas « perdre » le bois de la parcelle. Enfin, la persistance de cette pratique s’expliquait aussi par manque d’alternatives économiques.

Pour autant, tous les paysans étaient conscients des problèmes respiratoires générés. De plus, la fabrication du charbon de bois est un exercice long, difficile et peu rentable. Il faut environ deux à trois mois de travail afin de produire jusqu’à 100 sacs de charbon à $5.000 Pesos Colombien le sac (soit 1,40 Euros). C’est un travail de jour comme de nuit. En effet, il faut être présent durant tout le processus de chauffage du four afin de surveiller sa température. Dans le cas contraire, on risque de perdre le four et tout le travail réalisé jusque là.

Aujourd’hui, les bénéficiaires du projet d’Envol Vert à Los Límites ont définitivement abandonné cette pratique. Ils partagent leur histoire, font connaître les pratiques anciennes et nouvelles à travers un parcours agro-écologique dans les parcelles agroforestières du projet. Une expérience unique qui permet aux touristes de retracer l’évolution des pratiques de ces paysans.

Mai 2019 : Semons !

Après plusieurs mois d’été, la pluie est arrivée aux communautés paysannes d’Ovejas, un des municipalités du département de Sucre en Colombia. Mais pourquoi la pluie ? La pluie est un des éléments essentiels pour les cultures et les plantations des arbres que ces paysans protègent depuis plus de trois mois et que leurs permet de dire : semons !

De plus, les minéraux apportés pour la pluie enrichissent et ils donnent une durabilité aux arbres comme dans le secteur de la Coquera, où il a été planté plus de quarante arbres de Banco, lesquels aident à la conservation d’espaces de ces bénéficiaires et la récupération de la Forêt Tropicale Sèche.

Le coordinateur du pépinière Narfilo Gettar a dit : voir pousser ces arbres c’est voir que mes enfants et tous ceux qui viennent nous rendre visite, pourront à l’avenir se reposer à leur ombre, pourtant semons !

Nous allons semer est le mot qui guide ces paysans dans la lutte contre la déforestation et la récupération de la biodiversité qui a été générée en raison de mauvaises pratiques dans les campagnes, en particulier des arbres menacés comme le cèdre blanc (Gyrocarpus americanus). Celle lui-ci est un arbre de la famille des Hernandiaceae qui a une distribution pantropicale (également appelé quitlacoctli) et il est présent dans les pays du sud de l’Amérique latine comme la Colombie et le Venezuela.

La plantation de ces arbres grâce aux pluies nous permettra de récupérer les sols et de continuer à lutter contre la déforestation et la récupération de la biodiversité dans cette zone.

Avril 2019 : De l’école à la campagne et de la campagne à l’école

Le projet de reforestation de la forêt tropicale sèche des monts de Maria, dans le secteur d’Ovejas, Sucre, cherche à intégrer divers acteurs locaux qui jouent un rôle important dans le développement des communautés, dont l’une d’elles est l’école. Ainsi, durant le mois d’avril a débuté un processus d’échanges de savoirs avec le collège el Palmar grâce à la volonté de son directeur, Carmelo González.

Lors des deux rencontres s’est déroulé une formation à l’intention des étudiants dans les pépinières de la zone Coquera, lors desquelles a été expliqué l’importance de l’agriculture et les principes de la création du compost organique.

Enfin, lors d’un cours d’une matinée, les étudiants et quelques enseignants ont eux-mêmes réalisés leur premier compost organique pour lancer la construction de leur propre pépinière au mois de mai.

 

Mars 2019 : Premier échange de savoirs interprojet – Les intrants biologiques

Du 14 au 17 Mars le projet d’Envol Vert à Perijá a reçu la visite de bénéficiaires des trois autres projets d’Envol vert en Colombie : Los Límites, Jerez et Oveja. L’objectif de cet échange était que les bénéficiaires puissent échanger leurs connaissances et expériences sur les intrants biologiques.

Ainsi les paysans de Los Límites, commune de Luruaco, Atlantico, ont animé un premier atelier. Ils ont montré la préparation d’un fertilisant organique à base de bouse fraiche, d’extrait de Mataratón, de cendres et de sucre. Les paysans d’Oveja, Sucre, eux, ont exposé la préparation d’un répulsif biologique à base de piment, d’ail et de tabac.

preparacion urea organica perijaCet événement a permis d’échanger les recettes, l’utilisation et la préparation de différents intrants biologiques. Mais au-delà de la technique, le fonctionnement des différentes associations a aussi été source de conversations.ASOMAVIC, ASOTEPRO, AEDECOS et ASOCALIM ont pu partager leurs méthodes et organisation. Enfin, également au coeur de l’événement, la culture du café en système agroforestier et toutes les étapes de transformation du café jusqu’à sa dégustation.

A travers ces échanges, Envol Vert ne permet pas seulement une transmission de connaissances et d’expériences de paysans à paysans, mais également un contact humain, créant de nouvelles amitiés.

Février 2019: Première récolte de Fleur d’Hibiscus

Le mois de janvier a été un mois de récolte de la Fleur de Jamaïque pour les paysans bénéficiaires du projet à Los Limites.

Le produit final obtenu de l’arbuste Hibiscus sabdariffaplus, plus connu sous le nom de Fleur de Jamaïque, est en fait un calice. Cette arbuste est originaire de l’Inde mais s’adapte très bien au climat sec tropical de la cote caraïbe colombienne. Seulement, la sècheresse intense de l’été sur la côte caraïbe ne permet pas à l’arbuste de survivre. Il faut donc replanter une plantule l’année suivante. La récolte des calces se fait entre décembre et janvier. On laisse murir les fruits de quelques arbustes afin de récolter les graines qui se planteront l’année suivante. La préparation du calice se fait en trois étapes. Premièrement les fruits contenant les graines, encore vertes, sont retirées du fruit à l’aide d’un cylindre fin. Le fruit est ensuite lavé deux fois et est finalement mis à sécher dans un séchoir solaire pendant près d’une semaine.

La Fleur de Jamaïque peut être consommée fraiche en salade ou en jus. Elle est également préparée en confiture ou bien séchée pour préparer des infusions. Pour ses propriétés nutritives et médicinales, la consommation de la Fleur de la Jamaïque a augmenté en Amérique latine. De plus, c’est un produit rentable pour les petits producteurs qui leur permet d’améliorer leurs revenus.

Janvier-Février 2019 : Construisons les pépinières ! à Ovejas

C’est muni de pelles et d’une grande motivation que les bénéficiaires des 4 communautés ont construit la structure des pépinières dans laquelle la plantation d’arbres va commencer.

Les communautés ont partagé avec joie ce travail collectif et cette proposition de récupération de la forêt sèche tropicale, qui suppose un engagement de leur part pour la collecte de semences, la fabrication de compost naturel et le soin des plantes qui entoureront cet espace.