Actualités 2019-2020

Octobre 2020

De l’importance des graines

Tout au long de l’année, les équipes d’Envol Vert sont chargées d’acheter ou de récolter les graines des différentes essences forestières natives et adaptées aux différents sites de projet. Graines qui suivront leur développement au sein des espaces de germination avant d’être transplantée au sein des pépinières collectives et plantées dans les parcelles au bout de quelques mois.

Nous tachons de favoriser l’achat de graines aux agriculteurs participants au projet mais aussi la récolte des graines. En effet, ce travail permet l’identification d’arbres semenciers et de sensibiliser à leur conservation. En absence de graines, rien ne sera possible. Les producteurs sont sensibilisés à la conservation des espaces forestiers et à leur importance. La préservation des forêts passe par différentes actions. Protéger les arbres semencier en est une, ils sont identifiés, géolocalisés et un panneau informant de leur statut est accroché.  La graine a aussi une valeur économique, une façon de promouvoir une alternative de ressource.

 

Certains participants prennent les choses en main, comme Ruben qui a récolté des graines de Legañoso et les a mises à germer pour l’ensemble du groupe au sein de l’espace de germination collectif mais aussi Ramón avec les graines d’acajou (espèce en voie d’extinction). Nous pouvons également citer Felix, producteurs participants, qui a identifié de nombreux arbres semenciers au sein de sa parcelle et qui vend les graines à Envol Vert…, et pourquoi pas, à d’autres institutions un jour.

 

 

Juin 2020

Une reprise progressive des activités

Alors que l’isolement social se poursuit au Pérou jusque fin juillet, les équipes s’organisent pour un retour progressif sur le terrain. Un travail de précision pour ce projet qui s’étend sur plusieurs territoires d’action.

Dans les campagnes péruviennes il n’est pas rare d’avoir à faire à des communautés auto-gérées. Chacune disposent de dirigeants qui régissent les règles en vigueur dans les villages. La quarantaine n’a pas outrepassé leur légitimité et chaque village a adopté les règlementations qui lui paraissaient les plus adaptées. Afin de se préparer au déconfinement, les équipes locales d’Envol Vert ont donc dû s’adapter à cette situation hors normes et ainsi adopter un comportement et une routine de travail conforme à chaque localité. Un chalenge quand on intervient dans plus de 8 villages différents.

En parallèle, nous avons pu obtenir un droit de mobilité régionale grâce au soutien de la coopérative partenaire du projet. Malgré tout, nous observons que cette période compliquée a su renforcer encore davantage les liens et les échanges avec nos alliés de terrain.

Une fois les autorisations garanties, les équipes ont débuté une phase d’organisation des groupes d’agriculteurs. Des sous-groupes ont été pensés de façon à faciliter la réalisation du travail et la répartition des tâches (remplir les sacs de terre, transplanter les jeunes arbres, distribuer ceux prêts à l’installation, etc.) tout en minimisant les risques.

Aujourd’hui, les équipes ont repris la direction du terrain de façon quotidienne et dans le respect d’un protocole d’hygiène stricte. Il nous faudra cependant encore attendre pour la reprise de certaines activités, comme les formations qui se déroulent généralement de façon collective.

 

Mai 2020

Le sachaculantro, “faux basilic” sauvage des campagnes péruviennes, un élément constitutif de systèmes agricoles productifs et du patrimoine gastronomique local.

Le sachaculantro est l’ingrédient principal pour la préparation du plat le plus représentatif de la jungle péruvienne : le Juane. Jusqu’au 15 mars 2020 c’était l’un des plats les plus vendus à l’échelle nationale, de sorte que la demande pour l’ingrédient principal (Sachaculantro) était élevée. Des milliers de juanes étaient commercialisés chaque jour pour le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner.

Le sachaculantro est une plante rampante qui représente un couvre-sol utile et rentable pour les producteurs qui se consacrent à sa production. Dans le projet, nous essayons de l’ajouter à la partie inférieure des systèmes agroforestiers pour la diversification des revenus et la récupération partielle des strates initialement présentes dans le milieu naturel.

Pendant le confinement décrété par le gouvernement, le commerce a brusquement chuté, les restaurants, les centres de loisirs, les sites touristiques où des plats à base de sachaculantro sont habituellement commercialisés ont été fermés, ce qui a directement affecté les producteurs se dédiant exclusivement à sa culture.

Pour ces raisons, nous considérons qu’une diversité de produits est nécessaire sur une parcelle. Non seulement pour éviter les conséquences de la dépendance à l’égard d’une seule économie, mais aussi pour faciliter l’accès à la famille à des aliments variés directement issus de leurs parcelles. Ils sont ainsi propriétaires non seulement de leurs parcelles mais aussi de leur consommation et de leur qualité de vie

 

Avril 2020

Un volontariat soutenu par le programme Génération Climat – Fondation pour la Nature et l’Homme

 

Le programme Génération Climat de la Fondation pour la Nature et l’Homme soutient de nombreux volontariats en France et à l’International.

C’est ainsi que début février débutait la mission de Leilia Duval sur le projet de cacao agroforestier avec le soutien financier de Génération Climat. Le projet a fêté sa première année et Leilia est déjà la cinquième volontaire française à participer au projet à Tingo Maria. En équipe avec l’ingénieur José Santos, ils avaient pour mission de participer quotidiennement aux actions du projet et d’organiser les groupes d’agriculteurs pour cette nouvelle année.

José, technicien agroforestier, en pépinière

Bien qu’écourté, en raison de la pandémie du COVID-19, le travail de Leilia a permis de belles avancées. La publication d’un article témoignage sur le site de Génération Climat nous donne l’opportunité de vous présenter sa mission.

Une bonne occasion de découvrir les actions quotidiennes menées par les équipes locales. En effet, volontaires et agronomes travaillent main dans la main afin d’assurer le bon fonctionnement des missions. Tous les mois des journées de formation sont organisées dans le but de transmettre et partager un savoir avec les agriculteurs, une étape essentielle à la future autonomie des groupes. En parallèle, un travail plus technique d’entretien de l’espace de germination et des pépinières collectives est réalisé afin de fournir les parcelles en arbres nécessaires la reforestation et à la diversification économique des producteurs.

Les volontaires apportent une véritable plus-value aux projets, en plus de leur temps et de leur énergie, ils prennent aussi en charge certains points de développement de projet, comme des diagnostics de parcelles pour améliorer les plans de reforestation et les personnaliser.

Leilia et le chocolat de la coopérative partenaire

 

 

 

Découvrez le témoignage de Leilia en détail
sur le site de Génération Climat

(http://www.generation-climat.org/articles/elle-accompagne-l’agriculture-péruvienne-vers-la-soutenabilité-des-filières-cacao)

 

 

 

 

 

Mars 2020

Un mois d’expérimentations !

Au mois de mars l’équipe de terrain d’Envol Vert a eu trois lignes d’action, le contrôle des escargots géants africains, la régénération naturelle du Tornillo et la germination de graines d’Anone, d’Arbre à Pain et de Prunier Mombin. Malheureusement, la propagation du virus Covid-19 a quelque peu ralentit les activités.

Contrôle des ravageurs

Les escargots géants africains (Achatina Fulica) avaient commencé à grignoter feuilles et troncs des Acajous dans une des pépinières. Cet escargot, en plus de se nourrir des jeunes arbres, est vecteur de maladies comme la méningite (par l’intermédiaire d’un vers dont il est l’hôte). Nous avons donc retroussé nos manches et distribué des gants pour se débarrasser, pour un temps défini, du rampant. Étape 1, distribuer les gants à toute l’équipe et se procurer un grand seau et du sel. Étape 2, récupérer tous les escargots de la zone (ils s’accrochent souvent dans les plis des mailles qui encerclent les pépinières) et les mettre dans le seau. Étape 3, verser du sel dans le seau et attendre une dizaine de minutes. Étape 4, creuser un trou et les enterrer. Étape 5, désinfecter tout le matériel (gants compris) avec du chlore.

Repiquage de Tornillo

Le mois de mars était aussi propice au repiquage du Tornillo. Les graines du Tornillo sont très difficiles à obtenir, de plus leur pourcentage de germination diminue rapidement. Cependant, le Tornillo, comme beaucoup d’arbres matures a la capacité de se régénérer naturellement. Les arbres les plus anciens diffusent des graines qui germent à leur pied, ces petites plantules peuvent être repiquées directement dans des sacs (mais dans un temps limité). C’est pourquoi, avec le groupe de Venenillo nous avons pu remplir 304 sacs qui attendent leur plantule !

Anone, Arbre à pain et Prunier Mombin !

La diversification des parcelles passe aussi par le travail autour des fruitiers natifs pour permettre aux producteurs d’avoir d’autres sources de revenu que le cacao, en plus de diversifier leur alimentation. C’est pourquoi l’équipe à Tingo María a installé dans l’espace de germination des graines d’Anone (ou Chérimolier), d’Arbre à Pain et de Prunier Mombin. L’Anone est un fruit qui se mange cru tandis que le fruit à pain se fait cuire avant de le déguster. La drupe du prunier mombin peut se manger tel quel ou sous forme de rafraîchissement. Ces graines ont été plantées à environ 4 cm de distance les unes des autres.

 

Février 2020

La fin d’un cycle de formation sur la vie du sol

La vie du sol qu’est-ce que c’est ?

On reprend les bases à Tingo María ! Les producteurs construisent avec nous une définition du sol. C’est de la terre, c’est la vie, c’est là où poussent les plantes et tant d’autres réponses toutes plus justes les unes que les autres. Le sol c’est le milieu naturel où poussent les plantes, c’est un composé de minéraux, d’air, d’eau et de matière organique sur plusieurs couches. Chacun de ces composés a une fonction.  L’air amène l’oxygène dans le sol et toutes sortes de gaz dont il a besoin, il permet aussi le passage des racines ! L’eau apporte les éléments nutritifs nécessaires à la croissance des plantes. La petite dernière, la matière organique, est la couche plus ultra du sol, elle a de nombreuses fonctions. Elle permet de stabiliser la structure du sol, d’augmenter sa capacité de rétention d’eau et de le stimuler. L’ensemble de cette activité assure ainsi l’équilibre des nutriments.

Les activités pratiques étant la clef d’une bonne formation pour les agriculteurs du projet, toutes ces connaissances, et plus, ont été partagées et discutées avec les bénéficiaires en observant le sol autour de la pépinière ou de l’espace de formation. A San Miguel de Tulumayo le sol était très compact tandis qu’à Venenillo la matière organique permettait de conserver un bon taux d’humidité. Ces observations et les échanges avec les producteurs nous ont donc permis d’en apprendre plus sur le sol de chacun des centres peuplés. Les producteurs, étaient déjà sensibilisés à l’impact de l’usage des produits chimiques sur la qualité des sols mais ce cycle de formation leur a aussi permis de comprendre exactement pourquoi les produits chimiques étaient nocifs et notamment pour qui (les microorganismes et leur propre santé !).

Cette formation a été l’occasion pour l’équipe de Tingo María de sensibiliser les groupes aux techniques de conservation des sols (semer une couverture de sol, conserver les feuilles mortes, etc.) et au rôle des arbres (chaque feuille qui tombe offre un nutriment complémentaire au sol) pour leur offrir une vision globale des espèces natives d’arbres qui leur seront utiles et qu’ils pourront planter sur leurs parcelles ! Cette formation s’inscrit dans un programme plus ample, par exemple le mois prochain, nous traiterons les thèmes des systèmes agroforestiers et des monocultures mais aussi de la diversification et de la conservation en avril !

 

Janvier 2020

La saison des pluies et la re-végétalisation des rives

De l’eau, de l’eau, toujours plus d’eau !

La saison des pluies est à double tranchant à Tingo María, elle amène fertilité, fraicheur et purification de l’air mais aussi éboulements, débordement des fleuves et inondations. Chaque année c’est un problème pour les agriculteurs qui peuvent perdre leurs plantations ou même jusqu’à leur terrain en cas d’éboulement. En octobre, l’équipe de terrain à Tingo María avait commencé à travailler sur l’élaboration d’aménagements personnalisés des parcelles des producteurs. En janvier, au début de la saison des pluies, ce travail prend tout son sens. En effet, dès le début du mois, les fortes précipitations ont engendré différentes problématiques. A Venenillo les cultures ont été inondées, à Puente Pérez les abords du fleuve ont emporté des morceaux de terrain, à Monterrico des plants restent sagement dans la pépinière en attendant que les sols se dégorgent d’eau pour permettre leur installation, et ce ne sont que quelques exemples !

Quelles solutions aux inondations ?

Suite à l’observation de cette situation Envol Vert a donc décidé d’utiliser les 500 plants de Bucshilla présents dans la pépinière, un arbre dont le système radiculaire est particulièrement développé et le système racinaire profond. Lors de l’élaboration personnalisée des aménagements des parcelles, l’équipe terrain a décidé d’entourer les cultures aux abords du fleuve d’une lisière faite en partie de Bucshilla. La re-végétalisation des rives permettra d’améliorer l’infiltration des eaux dans les sols et de ralentir leur vitesse de propagation. Un mois de janvier donc qui s’achève sur la constatation des dégâts mais aussi qui fait naitre des idées, sur le long terme, pour améliorer la résistance des cultures aux fortes précipitations et diminuer les conséquences de la déforestation qui accélère le processus d’éboulement et d’érosion des sols.

 

Décembre 2019

A Tingo Maria, une journée de formation spéciale à l’approche de Noël

Le 10 décembre dernier, Envol Vert a réuni des membres de la coopérative de cacao Alto Huallaga de Tingo Maria pour une journée de formation et d’ateliers sur les enjeux de protection de la forêt et les bienfaits des arbres pour l’agriculture. Cette journée spéciale était aussi l’occasion d’un moment de partage et de convivialité à l’approche de Noël.

Une journée riche en échange et en apprentissage

 Le programme de la journée a permis aux producteurs bénéficiaires de se rencontrer, d’échanger et d’approfondir leurs connaissances autour des enjeux et des méthodes de culture durables. Après une rapide activité qui a permis de briser la glace et de former des groupes au sein de la vingtaine de participants, les activités ont démarré dans la bonne humeur.

Deux grandes photographies ont été distribuées à chaque groupe qui avait pour objectifs de les décrire puis de les présenter afin d’encourager un débat. Ces photos, illustrant des questions agronomiques ou environnementales, avaient pour but de sensibiliser sur des thèmes comme la monoculture en Amazonie, la pollution liée au plastique ou encore le besoin d’entraide entre agriculteurs.

Une parcelle témoin du design en systèmes agroforestiers

Le deuxième temps fort de la matinée était dédié à la visite de la parcelle de Don Ewin sous forme d’un jeu de piste. Très intéressés, les agriculteurs ont suivi attentivement les explications de Louis, le volontaire en charge du projet de Tingo Maria et de José, technicien agronome d’Envol Vert dans la région. Un professeur de l’Universidad Nacional Agraria de la Selva (UNAS) était également présent pour participer à la formation des agriculteurs. En effet, depuis 2019, une convention de partenariat a été signée et de nombreux professeurs sont investis au sein du projet. Ce partenariat renforce les démarches d’investigations liées à la restauration des sols et au design de systèmes agroforestiers.

« S’il n’y a pas d’arbres, il n’y a pas de vie ! »

Les bénéficiaires n’ont pas hésité à poser des questions et prendre des notes. Comme le témoigne Daisy, venue pour apprendre de nouvelles méthodes et dégager de nouvelles sources de revenus grâce à l’agroforesterie : « Je cherche à approfondir mes connaissances en agroforesterie pour améliorer la qualité de mon terrain et réduire mes coûts de production ». Avec son mari, elle cultive des bananes, de l’avocat et du cacao sur 3 hectares. Pour elle, la plantation d’arbres est essentielle pour faire de l’ombre sur son terrain : « C’est important de s’investir en tant qu’agriculteur car la déforestation est une menace pour le futur et l’avenir de nos enfants. S’il n’y a pas d’arbres, il n’y a pas de vie ! »

Pour accompagner l’association, des techniciens membres de la coopérative ont animé une première activité autour de la zone de compost de Don Edwin. Ils ont ainsi détaillé les étapes de fabrication de cet engrais naturel, ses bienfaits pour l’amélioration des sols et la qualité des cultures. Une deuxième activité avait pour but de sensibiliser au non usage des pesticides. Pour clôturer cette journée, des prix ont été remis aux différentes équipes par Mélanie, coordinatrice des projets d’Envol Vert à Tingo Maria et Pichanaki. T-shirts, machettes et sacs réutilisables ont été distribués aux agriculteurs qui sont repartis, grand sourire aux lèvres, impatients de lancer de nouveaux projets en 2020 !

Novembre 2019

Bienvenu à José!

Ce mois ci nous sommes fiers d’annoncer le recrutement d’un nouveau technicien de terrain pour le suivi du projet.

José intègre ainsi nos équipes à Tingo Maria et aura la charge du suivi des pépinières et de la formation des bénéficiaires. Un atout certain dans la stabilisation du projet localement qui permettra également à ce jeune ingénieur tout juste diplômé de se former aux techniques innovantes de l’agroforesterie.

Une interview complète de José à découvrir dans la rubrique portrait par ici.

Octobre 2019

Réussir le challenge de la personnalisation des aménagements de parcelles

 Alors que le travail en pépinière collective commence à permettre la plantation des premiers arbres, les volontaires d’Envol Vert poursuivent leur travail d’investigation pour l’élaboration de propositions pertinentes et personnalisées d’aménagement de parcelle.

Louis, sur place depuis quelques mois, accompagne spécifiquement 3 producteurs dans cet exercice.

Outre les bénéfices directs pour ces producteurs, cela permet notamment de mettre en place une méthode de dessins de systèmes agroforestiers adaptatifs en garantissant : un recensement des arbres présent dans la zone, un inventaire des bénéfices fournis par les essences locales, les associations fonctionnelles de la région et une connaissance approfondie des enjeux socio-environnementaux des participants.

Au total, 8 producteurs (1 par groupe) bénéficieront de cet accompagnement très poussé et serviront d’exemple pour les autres membres du projet. (Exemple ici en illustration d’un design en cours d’élaboration)

Une démarche accompagnée par différents ingénieurs ainsi que la Coopérative Alto Huallaga dont l’investissement constitue un élément indispensable à la mise en place et à la pérennité de ces plantations.  Un comité a d’ailleurs vu le jour et a tenu sa première réunion le 4 octobre dernier. Une prochaine réunion est prévue le mois prochain pour tenir tous ces acteurs informés de l’avancement du travail et afin de pouvoir poursuivre les échanges sur ce thème.

Aout 2019

Vie du sol et compost : les bases saines de tout projet de plantation

Dans le cadre de n’importe quelle plantation, l’apport de matière organique constitue un enjeu majeur. Qu’il s’agisse de produire plus ou de protéger la vie des sols.

Le cacao en système agroforestier ne fait pas exception à la règle. Bien que les arbres permettent de diminuer les besoins d’apports nutritif, ces derniers n’en restent pas moins indispensables pour un producteur voulant garantir une récolte fructueuse. Ainsi, les producteurs de Tingo Maria affirment dépenser jusqu’à 2200 soles par hectare, soit l’équivalent de presque 600 euros, pour assurer ces apports. Cette somme astronomique est facilement remplaçable. Il suffit de produire son propre compost à partir de déchets végétaux trouvés majoritairement sur place.

Apprendre

La formation sur l’élaboration d’un compost est donc apparue indispensable. L’équipe a pu compter sur l’aide de Jorge Alvarez, professeur d’ingénierie forestière à l’UNAS*. Ce fut l’occasion de revoir avec les producteurs l’importance de la vie du sol et les bonnes pratiques pour la protéger. Ces thématiques ont permis d’aborder les problèmes qu’ils rencontrent quotidiennement. Et cela a aussi ouvert le débat sur d’autres sujets : le rôle du petit producteur dans la destruction des sols et à l’échelle plus globale du changement climatique.

*UNAS : Université Nationale Agraire de la forêt tropicale

Juillet 2019

Participation au salon du chocolat et du cacao de Lima

 

A l’occasion du 10ème anniversaire du salon du chocolat et du cacao de Lima, l’équipe Envol Vert de Tingo Maria était présente aux côtés de la coopérative CAICAH. Ce fut une expérience marquante puisque la coopérative a reçu le 3ème prix du meilleur grain de cacao, ainsi que le 2ème prix pour leur chocolat au lait. Une belle récompense pour leurs efforts et une motivation de plus pour continuer d’améliorer la qualité de leur cacao. En espérant que les systèmes agroforestiers permettront d’atteindre la première place d’ici quelques années !

Pour les équipes locales, ces quatre jours ont également été riches en rencontres et apprentissages. Les échanges avec les différents acteurs du secteur cacao ont permis d’élargir les connaissances sur les pratiques agricoles à l’échelle du pays et de l’Amérique Latine. Ce fut aussi l’occasion d’assister aux conférences sur des thèmes variées : cadmium et contamination, déforestation, agriculture organique et durable, revenus décents des producteurs…Une occasion pour les acteurs nationaux de trouver ensemble des solutions techniques et adaptées et pour Envol Vert de perfectionner sa connaissance du secteur. 

 

 

 

Juin 2019

Echange productif inter-coopérative autour du cacao agroforestier

Le mois de Juin s’est terminé sur un échange entre professionnels du secteur. La CAICAH ainsi que les équipes d’Envol Vert ont pu profiter de la visite volontaire des ingénieurs de la coopérative Choba Choba pour échanger autour de la production cacaoière en agroforesterie. L’objectif final de cet échange : imaginer ensemble les systèmes agroforestiers de demain et tirer ensemble les leçons acquises de nos terrains respectifs.

Entre visites de parcelle et atelier d’échange autour des associations de culture, l’expérience a permis de mettre en avant la complexité des systèmes agroforestiers et leurs applications. 

Les résultats ont permis de dresser une liste commune de plantations adéquates et d’usages, tout en établissant des critères de sélection tel que le contexte geo-spatiale, la projection socio-économique, la capacité d’action et d’entretien…une véritable stratégie d’action personnalisée à chaque producteur !

Accompagné par les équipes locales d’Envol Vert, ce projet ambitieux se poursuivra dans les mois à venir  et tentera de mettre en réseau un maximum d’acteurs afin de favoriser la qualité des résultats ainsi que leur rayonnement.

 

 

 

Mai 2019

Construction des pépinières collectives

 

Le mois de mai a été consacré à la construction des pépinières, éléments clé du projet. Nous avons d’abord défini avec les groupes les lieux de construction qui répondent à différents critères. En effet, il faut une source d’eau et de la terre de qualité à proximité. De même, pour transporter les jeunes arbres, une route proche est nécessaire. Enfin, la pépinière doit se situer dans un lieu central pour le groupe de façon à ce que chaque membre puisse venir facilement entretenir la pépinière collective.

Puis, accompagnés par les techniciens de terrain et Merlin nous nous sommes rendus dans six de nos neufs groupes de travail. Au programme : nettoyage du terrain, découpe de bambou pour les poteaux, installation du toit en maille, couture de sacs de cacao pour fermer la pépinière et empêcher que les poules ou autres animaux ne fassent des dégâts sur les plantules…

Nous n’avons pas d’architecture définie pour construire la pépinière. Celle-ci dépend des matériaux que nous avons à disposition sur place ainsi que des préférences de construction de chaque groupe. En somme, chaque pépinière est unique.

Ces activités nous ont permis de renforcer nos liens avec les bénéficiaires et les techniciens. Tout le monde se réjouit d’entrer dans la partie plus concrète du projet et de voir les premières plantules en pépinières !

 

Avril 2019

Fonctionnement des groupes de travail

 

organisation des groupes Tingo MariaLe projet avance ! Nous avons commencé à définir les règles de chaque groupe de travail. Les bénéficiaires choisissent eux-mêmes les règles et sanctions qu’ils décident de mettre en place. Elles varient en fonction de chaque village mais rejoignent les mêmes thèmes. On retrouve ainsi : le respect des autres, la ponctualité, les responsabilités et l’engagement au sein du groupe… Les sanctions sont variées : apporter une boisson pour la réunion suivante, danser sur la sonnerie du téléphone ou encore une amende économique. Cette dernière permettra d’organiser un repas commun à la fin de l’année. Ces réunions ont aussi permis d’élire la fonction de chacun pour faciliter l’avancement du projet : coordinateur, secrétaire et trésorier.

parcelle Le bon déroulement de ces réunions peut être attribué à un travail d’équipe entre les volontaires et Merlín ! Superviseur de terrain de la coopérative, il travaille désormais à mi-temps au sein de l’équipe Envol Vert ! Le projet prend déjà racine localement et le travail d’autonomisation a déjà commencé. Merlín nous a fait visiter la parcelle expérimentale de la coopérative. Un espace de 9 hectares où l’on trouve: cacao en production, jeunes cacaoyers en développement et aussi espaces de forêt. La coopérative nous met à disposition un hectare pour pouvoir mettre en place un système agroforestier expérimental !

 

Février 2019

Nous rentrons dans le 4ème mois du projet et tout s’accélère !

Nous avions réalisé fin 2018 un diagnostic terrain en partant à la rencontre des agriculteurs de la coopérative. L’objectif était d’analyser le contexte local et d’identifier les besoins propres à la région.
Le premier constat ? Le besoin crucial de sensibiliser nos bénéficiaires sur les dangers de la déforestation et de définir les grands principes de l’agroforesterie.
Deux matinées y ont été consacré et ont permis de toucher plus de 70 personnes sur ces deux premiers thèmes.
Un franc succès où les agriculteurs se sont prêtés avec joie aux animations et échanges de questions réponses.

rencontre avec agriculteurs
Un autre grand moment du projet a vu le jour ce mois-ci : la construction de notre espace de germination !
A l’aide de nos deux nouveaux volontaires et des équipes de la coopérative, nous avons d’abord ratissé puis aplani. Nous avons transporté du sable, installé les lits de semi et, enfin, protégé l’ensemble des potentiels envahisseurs.

germination

Le cœur du projet peut enfin commencer avec la germination des arbres forestiers et fruitiers natifs de la région.
Motivés par toutes ces belles étapes, nous avons finalisé le mois avec l’organisation de notre premier « cas pratique terrain » pour découvrir la ferme de Don Saulo !

La ferme de Don Saulo

En collaboration avec la coopérative nous avons organisé un circuit rythmé par différentes thématiques : arbre semencier, agroforesterie, compostage, sols, alternatives économiques… Chaque atelier fût animé par Don Saulo avec l’appui d’un volontaire de l’ONG et/ou d’un technicien de la coopérative !
Un atelier clôturait le tour pour apprendre à analyser facilement le sol de sa ferme. Une vingtaine de bénéficiaire ont assisté à cette rencontre et ont pu interroger Don Saulo sur ses pratiques agricoles durables ! La matinée s’est terminée sur un échange convivial autour d’une boisson locale préparé par nos hôtes : la chicha morada*. Cet exemple de plantation en agroforesterie devrait nous permettre de convaincre les bénéficiaires du succès de cette méthode.

*boisson à base de maïs noir

atelier

Novembre 2018

Tingo Maria, c’est parti !

Envol Vert a planté une nouvelle graine au Pérou en lançant un nouveau projet d’Agroforesterie au cœur de plantations de Cacao.

Ce nouveau-né se fait en partenariat avec la « Cooperativa Agroindustrial de Cacao Alto Huallaga », plus communément appelée CAICAH. Une coopérative biologique qui s’est créée en 2009 avec 24 associés.
Aujourd’hui, ce sont près de 400 associés des régions de Huánuco, San Martin et Ucayali qui en sont membres. Ils permettent à CAICAH d’être la 3ème plus grande coopérative productive de cacao du Pérou.

Ce partenariat a pour ambition de reboiser les fermes des producteurs à travers un programme d’agroforesterie adapté à la culture du cacao. L’idée est de s’appuyer sur des espèces forestières et fruitières natives du territoire.
Les volontaires sont déjà partis à la rencontre de plus de 70 agriculteurs. L’objectif était de présenter nos ambitions et évaluer les besoins, les attentes et l’environnement de ces nouveaux partenaires.
L’opportunité de construire un projet main dans la main entre les agriculteurs, la CAICAH et Envol Vert : la recette gagnante !

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