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Actualités 2017

Avril 2017

Des bénéficiaires formés à la gestion des semences

agroforesterie_avril17La fin du mois de mars marque un tournant dans le projet AGRO avec le début du travail à Rio Tambo, dans le cadre du partenariat avec la coopérative Selva Alta. Selva Alta est une coopérative familiale créée en 2005 et historiquement présente à Rio Tambo, municipalité de la province de Satipo située à la limite de la frontière agricole. C’est là qu’Envol Vert a débuté une nouvelle phase de son projet ‘Agroforesterie et récupération d’espaces dégradées’, en accompagnant une trentaine de bénéficiaires dans la récolte, la mise en germination des graines, le suivi en pépinière puis l’installation définitive dans les champs de café.

Jusqu’à présent la germination des semences était prise en charge par l’équipe Envol Vert tandis que les bénéficiaires du projet assuraient le suivi des plants à partir de la transplantation dans les différentes pépinières volantes. A Rio Tambo, les bénéficiaires ont construit deux espaces de germination, appris à installer les graines de Moena, d’Alcanfor et de Nogal, et récolté des graines de Tornillo. ‘C’est vrai qu’on ne valorise pas assez les arbres qu’on a sur nos terrains’, reconnaît Salomon, qui a pourtant de beaux arbres semenciers de Moena. Don Hilario regarde le graines bien alignées et rit, ‘La dernière fois que j’ai essayé de faire germer de la Moena, j’avais recouvert les graines de sable… c’est pour ça qu’elles ont toutes pourri.’.

Selon les saisons, le projet va se poursuivre avec différentes espèces, afin que les bénéficiaires apprennent à traiter les différents types de graines et maîtrisent tout le processus de reforestation.

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Mars 2017

CAMPC et Envol Vert célèbrent la journée internationale des droits des femmes

Ana Maria Ramirez Escalante, présidente de CAMPC

7 mars 2017. Avec un jour d’avance, la coopérative de femmes productrices de café CAMPC célébrait la journée internationale des droits des femmes lors d’un événement public à Pichanaki. L’occasion de rassembler une trentaine de personnes, membres ou non de la coopérative, autour du rôle de la femme dans le champ productif et dans l’amélioration de la vie familiale. Un programme riche en discussions, projections et animations a fait la réussite de cette journée. En tête d’affiche, le documentaire Salir Adelante, réalisé avec l’appui d’Envol Vert, raconte le parcours de quatre femmes fondatrices de la coopérative, leurs craintes et leurs réussites, mais aussi leurs rêves pour le futur. A suivi une discussion animée par l’ingénieure agronome Yerill Giomar Torrez Ruiz autour de l’équité des genres dans le champ productif.

Invitation réalisée avec l’appui d’Envol Vert

Il a ensuite été question des droits des femmes dans le contexte de la violence familiale, un temps animé par l’avocate Miriam Vivanco Vila et la psychologue Judith Castellano de la Cruz. Deux femmes, deux approches complémentaires pour répondre à un même problème.

Les deux femmes ont également offert des consultations privées, ‘Une belle initiative, commente Doña Aurora, membre de la coopérative, ça montre aux femmes qu’elles ne sont pas seules, qu’elles peuvent surpasser ces problèmes et être fières de ce qu’elles sont, des femmes, des mères et des productrices.

Photo de groupe à la fin de l’événement

La journée s’est terminée sur un ton plus léger avec un concours de plats traditionnels, des jeux et la remise de plants de cèdres colombiens. La présidente de la coopérative, Ana María Ramírez Escalante regarde les dernières participantes sortir de la salle avec satisfaction : ‘Ce genre d’événement est une première à Pichanaki, je crois que certaines femmes aujourd’hui ont pris conscience de leurs droits, mais aussi de leur pouvoir.’ Peut-être bientôt viendront-elles apporter leur pierre à l’édifice de cette jeune coopérative pleine d’avenir.

Janvier 2017

Julio, une mémoire péruvienne du projet

agroforesterie_fev17Julio est un peu la mémoire du projet d’Envol Vert à Pichanaki. Contracté en 2012 pour assister les travaux de reforestation, il a vu évoluer le projet et a formé un à un tous ses volontaires. Il revient sur les raisons qui ont motivé son investissement aux côtés d’Envol Vert.
Ingénieur agronome spécialisé dans la culture du café, c’est en travaillant sur la certification des exploitations qu’il commence à s’intéresser aux systèmes agroforestiers. L’idée d’installer des arbres sur des parcelles n’étaient alors que très peu prise au sérieux, « les producteurs étaient habitués à gagner de l’argent rapidement », alors que la sylviculture demande un investissement à long terme. Dès les premiers résultats, les producteurs se laissent convaincre et aujourd’hui, Julio salue le travail « Il y a des producteurs qui s’identifient au projet, qui y sont très attachés. Ils ont pris conscience de la dégradation des sols et des services que rendent les arbres à leur parcelle : ombrage, réduction de l’utilisation de fertilisants, retenue de l’eau ». Julio espère bien que les bénéficiaires du projet vont à leur tour sensibiliser leur entourage et ainsi permettre au travail de reforestation de s’étendre.
agroforesterie_fev17_3Julio place l’échange au cœur de son travail. Echange avec les producteurs qui apprécient le suivi sérieux du projet et s’investissent d’autant plus que celui-ci n’est pas « une fleur d’un jour ». Echange également avec les différentes organisations autour des pratiques de reforestation – il ignorait par exemple les effets de certaines espèces exotiques sur la qualité des sols. Echange, enfin, avec les volontaires, venus de bien loin avec de nouvelles expériences à partager. L’un d’entre eux ne parlait pas espagnol en arrivant, mais l’agronome lui a permis de rapidement comprendre les enjeux du travail de terrain… et la nécessité de s’acheter des bottes pour assurer les descentes sur les parcelles à flanc de montagne !agroforesterie_fev17_2

Janvier 2017

Lire l’intégralité du rapport 2016

Quelques chiffres

  •  Signature d’accords de partenariat avec 3 coopératives de producteurs de café pour la phase actuelle du projet (mai 2016 – mai 2017)
  •  18343 arbres plantés dans 15 hameaux différents
  • 181,5 hectares convertis à l’agroforesterie ou en récupération
  •  20 pépinières construites avec le soutien des bénéficiaires du projet au sein des centres peuplés, les villages qui entourent la ville de Pichanaki
  •  2 Communautés natives impliquées au sein du projet
  •  190 familles impliquées pour l’amélioration de leur cadre de vie et la restauration des écosystèmes
  •  14 journées de formation et de sensibilisation organisées ayant réunis en tout près de 340 personnes
  •  Signature d’un accord de partenariat avec la Municipalité de Pichanaki qui s’est engagé à soutenir le projet.

Les actions de reboisement

agrof_fev17En 2016, la germination de plus de 50 000 graines, provenant de 5 espèces différentes[1] ont permis de fournir aux 20 pépinières les plantules nécessaires au reboisement. Un grand nombre de plantules sont encore en phase de croissance au sein des pépinières et des plantules de 4 nouvelles espèces[2] seront apportées durant les premiers mois de 2017. Les actions de reboisement en 2016 ont associé les bénéficiaires à l’ensemble des activités du processus. En plus de fournir une aide conséquente, l’implication des bénéficiaires est un atout indispensable dans le cadre des actions de sensibilisation ainsi que pour s’assurer que les arbres seront effectivement plantés. Les bénéficiaires sont formés à l’ensemble des étapes nécessaires au reboisement et peuvent ainsi librement le reproduire de manière autonome. Pour chaque pépinière, un coordinateur bénévole est désigné. Par ailleurs, le projet accorde un soin particulier à récolter lui-même une partie des graines d’arbres avec l’aide des bénéficiaires où à acheter les semences directement auprès de producteurs locaux. Ceci permet à la fois d’augmenter le nombre de graines disponibles mais également de rémunérer les agriculteurs en leur achetant directement les graines, et ainsi les inciter à conserver les arbres semenciers de la zone.

[1] Cèdre, Acajou, Ulcumano, Bolaina et Alcanfor
[2] Espèces de Moena, Tornillo, Nogal et Turpai

Formation et sensibilisations

agrof_fev17_2.pngEn 2016, plusieurs formations ont été organisées au sein du projet. La première était réalisée directement au sein d’une exploitation et concernait les techniques de plantation des arbres (distance, marquage, désherbage….). 9 journées ont ainsi été organisées. Un guide pratique à l’attention des producteurs est actuellement en cours d’élaboration pour servir de support à ces journées de formation.

Le second type de formation consistait en un débat sur le thème du cadre juridique du reboisement et de la vente du bois au Pérou. Trois journées de formation rassemblant 200 personnes ont permis d’expliquer la nouvelle loi de Faune et Flore sylvestre officiellement parue en 2015. Les journées étaient animées par un intervenant du Service Nationale Forestier et de Faune Sylvestre (SERFOR).

Enfin part, deux journées de sensibilisation aux enjeux de la reforestation ont rassemblé 62 personnes. L’une d’elle a été organisée avec des étudiants de l’Institut d’étude technologique de Pichanaki. Sensibiliser les techniciens agricoles de demain revêt un enjeu particulier.

« L’utilité sociale » du projet d’Agroforesterie

agrof_fev17_texteDepuis plusieurs années, Envol Vert s’attache à évaluer l’impact de ses projets, sur le plan environnemental et économique mais également social et sociétal. En 2016, une première enquête montre des résultats encourageant. L’indice global d’utilité social est élevé (0,73/1), signe d’une satisfaction importante des bénéficiaires vis-à-vis du projet, d’une adéquation des activités avec leurs attentes initiales et personnelles et d’une bonne compréhension de l’impact potentiel du projet sur la restauration des écosystèmes. Les résultats sont particulièrement élevés pour les dimensions politiques, environnementale, de bien-être et sociale. Les résultats de l’enquête viennent confirmer les tendances de la première étude qui mettait notamment en avant la modification des pratiques des agriculteurs, notamment l’usage d’intrants chimiques à forte concentration et le recours à l’abattis brulis. Et confirme que le choix du travail en équipe par le biais de pépinières collectives a un effet important sur le renforcement des liens entre bénéficiaires et la cohésion au sein des hameaux. Les producteurs jugent positivement l’impact du reboisement sur la régénération des espaces cultivés et sur la qualité du café produit. Enfin, les réponses quant à l’épanouissement personnel lié au projet sont fortement positives (augmentation du sentiment d’auto-estime et un renforcement de l’autonomie personnelle.

Lire l’intégralité du rapport 2016