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Actualités 2017

Août 2017

La ferme Jackfruit accueille la première Escuela de Campo du projet AGRO

Pasantia Jackfruit © MANTUNESSaul Llantoy Jayo est un agriculteur hors du commun dans la Selva Central. Avec 18 hectares cultivés, ce sont près de 200 espèces qui fleurissent dans sa ferme, principalement des fruitiers. Il a commencé avec du cacao, puis a peu à peu diversifié sa ferme, ramenant des graines de toutes les régions du Pérou. En 2011, il découvre le Jackfruit, un fruit originaire de Malaisie, qui peut peser jusqu’à 40 kg, et d’après lequel il a nommé sa ferme. Sa curiosité le pousse à expérimenter de nouvelles cultures, de nouvelles associations, avec la certitude que plus il y a d’espèces sur sa parcelle plus celles-ci se protègent les unes les autres des maladies et des ravageurs.

Pasantia Jackfruit © MANTUNESEn 2017, Envol vert, en association avec les coopératives CAMPC et Valle Ubiriki, ainsi que l’association Bosque Modelo Pichanaki, a commencé à mettre en place des parcelles démonstratives de diversification des cultures. L’idée est d’associer les espèces forestières, fruitières, médicinales et maraichères sur une même parcelle afin de lutter avec les producteurs contre l’insécurité alimentaire.

Pasantia Jackfruit © MANTUNESAvec la visite de la ferme de Don Saul, les participant.e.s ont pu apprécier l’intérêt de la diversité sur une parcelle. La papaye et les bananes se récoltent toutes les semaines, le cacao toutes les deux semaines, et chaque fruit, des cerises aux figues, en passant par la grenade et la guanabana, le raisin et le marañon, a sa saison, ce qui lui laisse peu de temps de repos. C’est la grande différence avec le café (principale culture des participant.e.s), dont la charge de travail est très inégale entre les mois de récolte (mai à août) et le reste de l’année.

Pasantia Jackfruit © MANTUNES

Les participant.e.s de cette visite repartent la tête pleine de nouvelles idées pour leur ferme. La sacha inchi pour les un.e.s, le raisin de la forêt pour les autres, la graine de la diversification est semée dans les esprits.

Juillet 2017

PERUNIDAD s’engage au côté d’Envol Vert : témoignage de leurs premiers jours passés à Pichanaki

[AGROFO]faenaCAMPC_juillet2017@M.ANTUNES
Construction d’une pépinière avec des membres de la coopérative de femmes
Perunidad est une association d’étudiants de L’école Centrale Paris qui, chaque année, préparent tout au long de l’année leur séjour solidaire de 6 semaines au Pérou. Cette année, 4 étudiants rejoignent les volontaires d’Envol Vert à Pichanaki pour les soutenir dans leur projet de reforestation.

Nous sommes arrivés le dimanche 2 juillet et avons été accueilli.e.s à bras ouverts par Coline, Solenne et Mélanie, les 3 volontaires d’Envol Vert basées à Pichanaki. Dès notre arrivée, elles nous emmènent découvrir les spécialités culinaires locales avec de la Yuca frita en guise de petit déjeuner, premier d’une longue série de plats savoureux. Après avoir découvert la ville, nous nous endormons dans le calme de Pichanaki pour nous préparer à la première semaine de travail qui nous attend.

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Rénovation du germinadero avec les volontaires de PERUNIDAD
Pour le premier jour de travail, nous nous rendons à l’espace de germination, où naissent tous les futurs arbres plantés par Envol Vert, à la fois pour découvrir les lieux mais aussi pour travailler à sa rénovation et son agrandissement.

Ces deux premiers jours ont été l’occasion d’approfondir notre travail d’équipe au sein de Perunidad mais aussi avec les autres volontaires, et Julio, technicien péruvien indispensable aux projets d’Envol Vert à Pichanaki.

[AGROFO]ConcoursdecafesCAMPC_juillet2017@AMESCALANTE
Concours de cafes especiales de CAMPC
Après les travaux du début de semaine, nous avons pu assister à un concours de « café especial » à CAMPC, la coopérative de femmes, qui nous a permis de mieux comprendre les différents enjeux du projet mais aussi la culture du café. Cette journée s’est conclue par la dégustation de café qui a révélé la grande qualité du café d’Ana Maria, la présidente de CAMPC.

[AGROFO]rénovationgerminadero2_juillet2017@M.ANTUNES
Rénovation du germinadero avec les volontaires de PERUNIDAD
Les jours suivants ont été consacrés à la construction d’une pépinière et la préparation d’activités de sensibilisation que nous mènerons dans des collèges dans les semaines à venir.

Nous retiendrons de cette première semaine un peu de fatigue suite aux activités physiques mais aussi et surtout de l’émerveillement du fait de la rencontre avec la culture péruvienne si riche. Nous sommes encore plus motivés à travailler avec les volontaires d’Envol Vert sur les différents projets dans les semaines qui viennent pour aider à leur réussite mais aussi pour continuer à découvrir de multiples aspects de la culture péruvienne.

Mai 2017

Le projet AGRO teste un nouveau traitement biologique dans son espace de germination

Alcanfores en germination

L’espace de germination est un peu le cœur du projet AGRO. C’est là que tout commence, avec l’installation des graines récoltées par les volontaires. Variant de quelques semaines à quelques mois selon les espèces, la germination est la période critique au cours de laquelle la plante va connaître son premier développement avant d’être repiquée en terre. Il faut contrôler l’ombre, l’humidité, le développement des racines, tandis que les fourmis coki (coupe-feuille) ou le champignon chupadera (Rhizoctonia solania) peuvent attaquer à tout moment.

Préparation du Bacillus Subtilis (30cl pour 3 litres d’eau)

Avec l’aide du biologiste Manuel Armas, de l’université San Marcos, l’espace de germination a bénéficié d’un nouveau traitement qui permet de contrôler les principales maladies qui peuvent affecter les plantes à l’étape de la germination. Le Bacillus Subtilis et le Trichoderma Harzianum sont deux micro-organismes aux propriétés multiples. En entrant en compétition avec les champignons pathogènes pour l’espace et le nitrogène, ils empêchent leur développement, ce qui permet un contrôle biologique de certaines maladies courantes. D’autre part, ces champignons bénéfiques, par la production d’antibiotiques, activent les gênes défensives des plantes en germination, ce qui les rend naturellement plus résistantes. Le Trichoderma Harzanium est également un stimulateur de croissance, ce qui pourrait aider certaines graines récalcitrantes à germer et ainsi leur permettre de rejoindre leurs sœurs en pépinière. Enfin, certaines études ont montré que ces champignons pourraient aider à récupérer les aires très abîmées en accélérant la dégradation de certains pesticides persistants.

Application du traitement

L’application de ces champignons se fait par fumigation en mélangeant la bactérie avec de l’eau. Une semaine plus tard les graines peuvent être installées sur les lits de sable traités, et profiter des nombreux bénéfices de ces micro-organismes.

Cette expérience a été rendue possible grâce à l’alliance qu’Envol Vert a développée avec l’Association Bosque Modelo Pichanaki.

 

 

 

 

Mars 2017

CAMPC et Envol Vert célèbrent la journée internationale des droits des femmes

Ana Maria Ramirez Escalante, présidente de CAMPC

7 mars 2017. Avec un jour d’avance, la coopérative de femmes productrices de café CAMPC célébrait la journée internationale des droits des femmes lors d’un événement public à Pichanaki. L’occasion de rassembler une trentaine de personnes, membres ou non de la coopérative, autour du rôle de la femme dans le champ productif et dans l’amélioration de la vie familiale. Un programme riche en discussions, projections et animations a fait la réussite de cette journée. En tête d’affiche, le documentaire Salir Adelante, réalisé avec l’appui d’Envol Vert, raconte le parcours de quatre femmes fondatrices de la coopérative, leurs craintes et leurs réussites, mais aussi leurs rêves pour le futur. A suivi une discussion animée par l’ingénieure agronome Yerill Giomar Torrez Ruiz autour de l’équité des genres dans le champ productif.

Invitation réalisée avec l’appui d’Envol Vert

Il a ensuite été question des droits des femmes dans le contexte de la violence familiale, un temps animé par l’avocate Miriam Vivanco Vila et la psychologue Judith Castellano de la Cruz. Deux femmes, deux approches complémentaires pour répondre à un même problème.

Les deux femmes ont également offert des consultations privées, ‘Une belle initiative, commente Doña Aurora, membre de la coopérative, ça montre aux femmes qu’elles ne sont pas seules, qu’elles peuvent surpasser ces problèmes et être fières de ce qu’elles sont, des femmes, des mères et des productrices.

Photo de groupe à la fin de l’événement

La journée s’est terminée sur un ton plus léger avec un concours de plats traditionnels, des jeux et la remise de plants de cèdres colombiens. La présidente de la coopérative, Ana María Ramírez Escalante regarde les dernières participantes sortir de la salle avec satisfaction : ‘Ce genre d’événement est une première à Pichanaki, je crois que certaines femmes aujourd’hui ont pris conscience de leurs droits, mais aussi de leur pouvoir.’ Peut-être bientôt viendront-elles apporter leur pierre à l’édifice de cette jeune coopérative pleine d’avenir.

Janvier 2017

Julio, une mémoire péruvienne du projet

agroforesterie_fev17Julio est un peu la mémoire du projet d’Envol Vert à Pichanaki. Contracté en 2012 pour assister les travaux de reforestation, il a vu évoluer le projet et a formé un à un tous ses volontaires. Il revient sur les raisons qui ont motivé son investissement aux côtés d’Envol Vert.
Ingénieur agronome spécialisé dans la culture du café, c’est en travaillant sur la certification des exploitations qu’il commence à s’intéresser aux systèmes agroforestiers. L’idée d’installer des arbres sur des parcelles n’étaient alors que très peu prise au sérieux, « les producteurs étaient habitués à gagner de l’argent rapidement », alors que la sylviculture demande un investissement à long terme. Dès les premiers résultats, les producteurs se laissent convaincre et aujourd’hui, Julio salue le travail « Il y a des producteurs qui s’identifient au projet, qui y sont très attachés. Ils ont pris conscience de la dégradation des sols et des services que rendent les arbres à leur parcelle : ombrage, réduction de l’utilisation de fertilisants, retenue de l’eau ». Julio espère bien que les bénéficiaires du projet vont à leur tour sensibiliser leur entourage et ainsi permettre au travail de reforestation de s’étendre.
agroforesterie_fev17_3Julio place l’échange au cœur de son travail. Echange avec les producteurs qui apprécient le suivi sérieux du projet et s’investissent d’autant plus que celui-ci n’est pas « une fleur d’un jour ». Echange également avec les différentes organisations autour des pratiques de reforestation – il ignorait par exemple les effets de certaines espèces exotiques sur la qualité des sols. Echange, enfin, avec les volontaires, venus de bien loin avec de nouvelles expériences à partager. L’un d’entre eux ne parlait pas espagnol en arrivant, mais l’agronome lui a permis de rapidement comprendre les enjeux du travail de terrain… et la nécessité de s’acheter des bottes pour assurer les descentes sur les parcelles à flanc de montagne !agroforesterie_fev17_2

Janvier 2017

Lire l’intégralité du rapport 2016

Quelques chiffres

  •  Signature d’accords de partenariat avec 3 coopératives de producteurs de café pour la phase actuelle du projet (mai 2016 – mai 2017)
  •  18343 arbres plantés dans 15 hameaux différents
  • 181,5 hectares convertis à l’agroforesterie ou en récupération
  •  20 pépinières construites avec le soutien des bénéficiaires du projet au sein des centres peuplés, les villages qui entourent la ville de Pichanaki
  •  2 Communautés natives impliquées au sein du projet
  •  190 familles impliquées pour l’amélioration de leur cadre de vie et la restauration des écosystèmes
  •  14 journées de formation et de sensibilisation organisées ayant réunis en tout près de 340 personnes
  •  Signature d’un accord de partenariat avec la Municipalité de Pichanaki qui s’est engagé à soutenir le projet.

Les actions de reboisement

agrof_fev17En 2016, la germination de plus de 50 000 graines, provenant de 5 espèces différentes[1] ont permis de fournir aux 20 pépinières les plantules nécessaires au reboisement. Un grand nombre de plantules sont encore en phase de croissance au sein des pépinières et des plantules de 4 nouvelles espèces[2] seront apportées durant les premiers mois de 2017. Les actions de reboisement en 2016 ont associé les bénéficiaires à l’ensemble des activités du processus. En plus de fournir une aide conséquente, l’implication des bénéficiaires est un atout indispensable dans le cadre des actions de sensibilisation ainsi que pour s’assurer que les arbres seront effectivement plantés. Les bénéficiaires sont formés à l’ensemble des étapes nécessaires au reboisement et peuvent ainsi librement le reproduire de manière autonome. Pour chaque pépinière, un coordinateur bénévole est désigné. Par ailleurs, le projet accorde un soin particulier à récolter lui-même une partie des graines d’arbres avec l’aide des bénéficiaires où à acheter les semences directement auprès de producteurs locaux. Ceci permet à la fois d’augmenter le nombre de graines disponibles mais également de rémunérer les agriculteurs en leur achetant directement les graines, et ainsi les inciter à conserver les arbres semenciers de la zone.

[1] Cèdre, Acajou, Ulcumano, Bolaina et Alcanfor
[2] Espèces de Moena, Tornillo, Nogal et Turpai

Formation et sensibilisations

agrof_fev17_2.pngEn 2016, plusieurs formations ont été organisées au sein du projet. La première était réalisée directement au sein d’une exploitation et concernait les techniques de plantation des arbres (distance, marquage, désherbage….). 9 journées ont ainsi été organisées. Un guide pratique à l’attention des producteurs est actuellement en cours d’élaboration pour servir de support à ces journées de formation.

Le second type de formation consistait en un débat sur le thème du cadre juridique du reboisement et de la vente du bois au Pérou. Trois journées de formation rassemblant 200 personnes ont permis d’expliquer la nouvelle loi de Faune et Flore sylvestre officiellement parue en 2015. Les journées étaient animées par un intervenant du Service Nationale Forestier et de Faune Sylvestre (SERFOR).

Enfin part, deux journées de sensibilisation aux enjeux de la reforestation ont rassemblé 62 personnes. L’une d’elle a été organisée avec des étudiants de l’Institut d’étude technologique de Pichanaki. Sensibiliser les techniciens agricoles de demain revêt un enjeu particulier.

« L’utilité sociale » du projet d’Agroforesterie

agrof_fev17_texteDepuis plusieurs années, Envol Vert s’attache à évaluer l’impact de ses projets, sur le plan environnemental et économique mais également social et sociétal. En 2016, une première enquête montre des résultats encourageant. L’indice global d’utilité social est élevé (0,73/1), signe d’une satisfaction importante des bénéficiaires vis-à-vis du projet, d’une adéquation des activités avec leurs attentes initiales et personnelles et d’une bonne compréhension de l’impact potentiel du projet sur la restauration des écosystèmes. Les résultats sont particulièrement élevés pour les dimensions politiques, environnementale, de bien-être et sociale. Les résultats de l’enquête viennent confirmer les tendances de la première étude qui mettait notamment en avant la modification des pratiques des agriculteurs, notamment l’usage d’intrants chimiques à forte concentration et le recours à l’abattis brulis. Et confirme que le choix du travail en équipe par le biais de pépinières collectives a un effet important sur le renforcement des liens entre bénéficiaires et la cohésion au sein des hameaux. Les producteurs jugent positivement l’impact du reboisement sur la régénération des espaces cultivés et sur la qualité du café produit. Enfin, les réponses quant à l’épanouissement personnel lié au projet sont fortement positives (augmentation du sentiment d’auto-estime et un renforcement de l’autonomie personnelle.

Lire l’intégralité du rapport 2016