Payer pour l’environnement ? REDD+ un bon outil ?

La déforestation (10 à 12% des émissions mondiales de GES), a occupé une part importante dans les négociations internationales sur les changements climatiques depuis le début des années 2000. Le mécanisme REDD+ (Réduction des émissions issues de la déforestation et de la dégradation des forêts) est basé sur la compensation financière. Il s’agit d’un système de paiement pour services environnementaux (PSE) via la rémunération des Etats en fonction des résultats obtenus (notion de performances), dont l’intérêt est la capacité des forêts à stocker du carbone. Ce système a été lancé lors de CNUCC de 2007 à Bali.

Face aux difficultés et aux doutes sur l’efficacité de REDD+, des travaux ont été menés en France, conjointement par le Gret1 et le Cirad2 dans le cadre du projet « Payer pour l’environnement ? REDD+ et paiements pour services environnementaux : entre marchandisation et développement équitable ». Cela a donné lieu à un atelier de réflexion et de débats mené conjointement avec les Amis de la Terre, les 17 et 18 juin 2013 à Nogent sur Marne (Val de Marne), et à une note de synthèse pointant certaines interrogations sur REDD+.

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Parmi les préconisations du rapport, figurent : des politiques publiques cohérentes ; une réduction absolue de la pression des Etats sur les forêts et la biodiversité, avec ou sans REDD+ ; des droits exclusifs des populations sur leurs ressources ; une extension des performances au-delà des seules émissions de GES ; un équilibre entre les dépenses d’expertise et celles de projets de terrain. Deux autres vecteurs d’actions très importants sont : une intensification écologique (via l’agro-écologie et l’agroforesterie), notamment dans les pays où la petite agriculture est un moteur de déforestation important ; l’utilisation des PSE et de REDD+ comme des instruments d’investissement pour faire évoluer les pratiques agro- et sylvo-pastorales(au lieu de restrictions des droits d’usage aux acteurs ruraux).

Envol Vert soutient ces recommandations et agit dans ce sens. En effet, en soutenant des projets concrets et efficaces dans des pays défavorisés (en particulier en Amérique latine), notamment via l’agroforesterie (association d’arbres et de cultures ou d’animaux sur une même parcelle agricole) et le sylvopastoralisme (pratique d’élevage consistant à faire pâturer des animaux en forêt pour profiter des ressources fourragères situées sous les arbres), Envol Vert participe concrètement à la lutte contre la déforestation. En appuyant des solutions locales offrant des ressources économiques alternatives aux populations, les activités de ces dernières sont ainsi basées sur la protection des forêts et de leur biodiversité plutôt que sur leur destruction.

Découvrez notre projet Agroforesterie au Pérou et Sylvopastoralisme au Nicaragua

 

1 Gret : Groupe de Recherches et d’Echanges Technologiques. ONG de développement solidaire.

2 Cirad : Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement.