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Les contributions d’Envol Vert à la Stratégie Nationale de lutte contre la déforestation importée

Le projet de Stratégie Nationale de lutte contre la déforestation importée (SNDI) est actuellement soumis à consultation du public.
Envol Vert a réalisé une lecture détaillée du document et formule plusieurs commentaires :

L’étude de 2013 de la Commission européenne sur l’impact de la consommation européenne sur la déforestation montre que les pays européens sont responsables de plus du tiers de la déforestation liée au commerce international de produits agricoles. Cette responsabilité importante justifie de prendre des mesures pour réduire l’impact de l’Union européenne (dont la France) sur les forêts tropicales.

Suite à l’Accord de Paris, le gouvernement français s’est engagé dans l’axe 15 du Plan climat à publier une stratégie nationale pour mettre fin à l’importation de produits forestiers ou agricoles contribuant à la déforestation.

Retrouvez ci-dessous le résumé de la contribution d’Envol Vert au projet de SNDI :

  • Envol Vert salue la présence (attendue) d’une première version publique visant à la mise en place d’une STRATEGIE NATIONALE DE LUTTE CONTRE LA DEFORESTATION IMPORTEE sachant l’impact sur les écosystèmes naturels de la production de matières premières commercialisées mondialement.
  • De manière générale la SNDI comporte à ce stade une liste de propositions intéressantes comme l’intégration de la conversion d’écosystèmes naturels dans la définition de « déforestation importée ». Il est urgent et clé que la SNDI fixe des scénarios et des objectifs chiffrés et limités dans le temps assortis d’indicateurs atteignables, mesurables et vérifiables.
  • Les programmes soutenus par l’aide au développement ne doivent pas être uniquement orientés vers les cultures de rentes et la seule augmentation de rendement comme on peut le voir dans les programmes soutenus par le secteur privé. Une bonne répartition des activités soutenues par la puissance publique entre celles de conservation (en y associant l’appui à la création de réserves autochtones), d’intensification, de restauration (avec des espèces natives) et de diversification des cultures (via principalement l’agroforesterie) devra être assurée et suivie. Cela devra être fait en priorité sur les territoires sur lesquels la France a une forte empreinte forêt.
  • Envol Vert considère que l’objectif sur les agrocarburants de la SNDI semble permettre de continuer à en importer. Etant donné les volumes et l’empreinte forêt d’huile de palme et potentiellement de soja pour un usage non alimentaire, la formulation du titre de cet objectif doit être est « Planifier l’arrêt de l’usage des biocarburants à fort impact ILUC », comme cela avait été annoncé par Monsieur Nicolas Hulot.
  • La SNDI devrait mentionner la réalisation d’une étude indépendante plus poussée de mesure de l’empreinte forêt de la France intégrant le niveau de responsabilité et de durabilité des chaines d’approvisionnement de matières premières à risque en y ajoutant les matières premières non identifiées à date mais potentiellement à risque à venir comme le bois énergie, les minerais, les fruits tropicaux et la viande d’importation. Cela permettrait d’avoir un état de référence nécessaire à la mise en place d’une telle politique.
  • Le soja est la principale cause de déforestation en France, ce dernier étant la matière première agricole la plus importée, principalement pour les élevages de volailles, porcins et laitiers. Pour cela une politique ambitieuse principalement quantitative doit être mise en place pour réduire drastiquement les importations dès 2020. Les élevages de volailles et porcins, principaux débouchés de soja ne sont pas mentionnés dans la SNDI et les acteurs et fédérations qui les représentent ne sont non plus jamais présents à ces réflexions alors que ce sont eux les principaux usagers de soja à risque de déforestation. Le soja doit être la priorité de cette SNDI et apparaître en tant que tel.

Au vue de l’urgence de la situation des forêts et de la biodiversité dans le monde, de la responsabilité de la France, du niveau d’engagement d’autres parties prenantes et pour une politique ambitieuse sur un sujet reconnu par les français, un engagement non clair et repoussé à 2030 serait un très mauvais signal envoyé par l‘état à toutes les parties prenantes. Envol vert demande que la SNDI vise :

  • Zéro empreinte forêt dès 2022 pour les 6 matières première prioritaires dont le cuir en y rajoutant le bois et le papier ;
  • Zéro empreinte forêt en 2025 pour toutes les matières premières à risque ;
  • En 2020, comme jalon intermédiaire la SNDI devrait viser d’avoir réduit de moitié l’empreinte forêt de la France et d’être un Etat exemplaire avec Zéro empreinte forêt.

>>> Consultez l’ensemble des commentaires d’Envol Vert sur la Stratégie Nationale de lutte contre la Déforestation Importée <<<

Envol Vert invite chacun à consulter la SNDI et à formuler leurs commentaires sur le site internet du Gouvernement : http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/consultation-projet-lutte-deforestation-SNDI-a1849.html