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Actualités 2019/2018 – Site La Victoria, Perija

Octobre 2019

Il pleut du café sur la Serranía del Perijà!

La tant attendue récolte du café est arrivée ! Durant les mois de septembre à décembre, producteurs et ouvriers, travaillent durement à la récoltent des grains rougeoyant. A la suite de celle-ci, la pulpe et les grains sont séparés, les grains sont alors séchés et vendus à des coopératives. La pulpe est généralement transformée en compost pour enrichir les plantations. La culture du café représente le revenu le plus important des familles de la Serranía del Perijà. Dans cette zone la récolte ne s’effectue qu’une seule et unique fois par an, ce qui fait de cette période, la plus importante de l’année pour les producteurs.  

La récolte du café prend place lors de la seconde saison des pluies, c’est également le moment idéal pour réaliser les plantations. A travers le projet « Bosque Comestible » d’Envol Vert, et dans une démarche de recherche d’alternatives soutenables, les agriculteurs commencent à développer des systèmes agroforestiers en café. L’association sensibilise les caféiculteurs à la conservation du sol et à la combinaison des cultures de café avec des arbres ligneux et  fruitiers. Ceux-ci apportant de l’ombre aux cultures, diversifiant les espèces présentent sur les parcelles, ainsi que les revenus des fermes. Pour plus d’informations sur les différentes espèces d’arbres qui ont été planté vous pouvez vous rendant sur cette page.

Depuis Septembre, les agriculteurs ont commencé à planter les arbres, dont ils avaient eux-mêmes semés les graines, quelques mois auparavant, dans les pépinières communautaires. Au total ce sont 1400 arbres qui furent plantés dans la Serranía del Perijà à travers ce projet. Un début encourageant, pour des cultures de café plus respectueuses de l’environnement.

Vous pouvez soutenir les activités d’Envol Vert en vous rendant sur cette page et en faisant un petit don. A travers ce geste, vous contribuez à la conservation de la forêt tropicale sèche de Colombie.

La Forêt nous rend service, rendons le lui.

Septembre 2019

De Perijà à la table des villageois: valorisons les fruits de la montagne !

Dynamiques et motivées, ce sont les femmes de la Serranía del Perijà qui sont à l’honneur en ce mois de septembre. En effet cinq femmes ont décidées de se réunir pour créer leur propre petite association. A l’affiche de celle-ci : transformation et valorisation des produits de leurs propres fermes.

Certains produits issus de la ferme sont traditionnellement  vendus sans transformation comme le cacao ou le maïs vendu en grain sec. D’autres, comme les petites mangues ou les goyaves, ne trouvent tout simplement pas débouchées. Depuis début septembre, un petit groupe de femmes se réuni pour transformer tous ses produits, afin de leur donner une valeur marchande. La transformation des fruits et des graines, permet de générer de la valeur ajoutée et ainsi, d’améliorer le revenu des ménages. Confitures, pulpe de fruit, farines, poudre ou tablette de chocolat. Les idées ne manquent pas et leurs ambitions non plus !

Elles ont pu présenter officiellement leur première production lors de l’annuelle fête agricole de la Jagua de Ibirico, où les produits ont séduit un public peu habitué aux produits transformés. Elles ont également reportées le second prix dans ce domaine ! Une récompense qui n’a pas manqué de les ravir et de les encourager dans leur démarche.

Envol Vert soutien ce type d’initiatives, en prodiguant des formations sur la transformation des produits, l’hygiène, le calcul de prix et la gestion administrative. Ce petit groupe se réuni désormais de manière quasi-autonome, mais se tourne encore parfois vers l’association pour demander conseil, ainsi que pour partager de leurs avancées et de leurs innovations. C’est un beau projet qui voit le jour au pied de la Serranía del Perijà, mettant en avant les produits issus de ces montagnes, produits et transformés par les femmes de la région. Vous pouvez soutenir les activités d’Envol Vert en vous rendant sur cette page et en faisant un petit don.

 

Août 2019

Sensibiliser afin de préserver

En ce mois d’août, une quarantaine de jeunes habitants de la Serranía del Perijà, élèves du collège agricole de La Victoria San Isidro, ont plantés plus de soixante arbres au sein de leur école. Arbres qu’ils verront grandir et sur lesquels ils veilleront durant le reste de leur scolarité. Ces arbres permettront d’apporter de la fraicheur à ce lieu, mais pas seulement. Au côté d’arbres comme que la Ceiba, l’Acacia, le Corazon fino, le Campano, on trouve des fruitiers tels que le manguier, l’ânon, le goyavier, le mandarinier ou l’oranger. Grâce à cette génération d’élèves, celles à venir pourront savourer les fruits de ces arbres durant les récréations.

Cette activité rentre dans le cadre d’un programme plus vaste, au travers duquel les élèves participent à d’autres actions de sensibilisation à l’environnement. Celles-ci promeuvent un développement soutenable aux travers d’ateliers, de sorties et de projections de documentaires.

Ces enfants, qui un jour deviendront les exploitants agricoles de la Serranía del Perijà, sont l’avenir de ces montagnes. L’eau, la forêt et les sols sont des éléments nécessaires à l’agriculture, mais ils sont également essentiels à la vie des habitants de la Serranía et de sa vallée. Dans une région ou la culture sur brûlis est une pratique toujours présente, sensibiliser les individus à l’importance des arbres dans un écosystème, dès leur plus jeune âge, leur laisse entrevoir que d’autres pratiques plus respectueuses de l’environnement sont envisageables.

Et si vous aussi aujourd’hui vous plantiez un arbre ?

Vous pouvez également nous soutenir en vous rendant sur cette page et en faisant un petit don. Par ce geste vous soutenez nos activités sur le terrain et contribuez à la persévération de la forêt sèche tropicale de Colombie.

Juillet 2019

Du vers de terre au café : le lombricompostage

Le lombricompostage, est une technique permettant de produire un intrant biologique nourrissant les cultures, améliorant la qualité des sols, tout en valorisant les sous-produits organiques de la ferme. La matière organique est récupérée afin de devenir la principale source d’alimentation d’un élevage de vers de terre. Ces derniers, en la digérant, la transforment peu à peu en un compost qui pourra être épandu aux pieds des cultures.

Les caféiculteurs de la Serranía del Perijá nous ont fait part de leur volonté d’en apprendre davantage sur la lombriculture, afin de réduire la quantité d’intrants chimiques sur leurs terres, voire de commencer à cultiver certaines parcelles en agriculture biologique. En ce mois de Juillet, deux formations sur la lombriculture ont donc été délivrées, réunissant au total 12 fermes, prêtes à se tourner vers de nouvelles pratiques. Les vers de terre utilisés pour la lombriculture sont issus de l’espèce Eisenia Foetida. Pour débuter un élevage, de petites quantités de vers ainsi que de matière organique sont suffisantes. Dans un bac percé posé à même le sol, sont élaborées différentes strates. Celles-ci peuvent être composées de terre, de composte, de fumier, d’épluchures de légumes et de cartons, auxquelles sont introduites les vers de terre. 

Le lombricompostage est un procédé simple, économique et écologique, mais requérant néanmoins un peu d’attention. Les vers de terres vivent dans l’obscurité et l’humidité. Il est donc important de les garder à l’abri du soleil, dans un environnement assez frais, ainsi que de les nourrir régulièrement. Si les conditions sont réunies, leur croissance exponentielle permet d’accroitre  rapidement la quantité de matière organique introduite, et ainsi d’augmenter la production de composte.

Le lombricompostage permet d’accélérer la décomposition de la matière organique, et d’obtenir un composte de meilleure qualité. En comparaison à un composte traditionnel le lombricomposte produit 5 fois plus d’azote, 7 fois plus de phosphore, 5 fois plus de potassium et 2 fois plus de calcium. Une fois les composts prêts, ils seront épandus au pied des cultures de la Serania del Perja, pour nous offrir un café toujours plus savoureux et respectueux de l’environnement.  

 

 

Juin 2019

Le Noyer Maya, arbre aux miles vertus

Le Noyer Maya (Brosimum Alicastrum), est un arbre exceptionnel poussant du Mexique jusqu’en Amazonie et pouvant atteindre jusqu’à 45 mètres de hauteur. L’intérêt du Noyer Maya réside non seulement dans les services eco-systémiques qu’il rend, mais également dans les propriétés nutritives de ses graines. Fortes en protéines, en calcium, en vitamines, en zinc, en potassium, en fer et en fibres, elles font partie de ce que l’on nomme les « supers-aliments ». Autrefois très consommée par les habitants de la région, la graine du Noyer Maya est aujourd’hui de moins en moins connue, et peu de personnes l’utilisent encore. 

La déforestation générale de la région de Perijá couplée à l’exploitation du Noyer Maya pour son bois de haute qualité, ont conduit à la disparition progressive de cet arbre, dont il ne reste que peu d’individus dans la Serranía de Perijá.  Dans cette région, c’est au mois de Juin que la collecte de ces graines peut s’effectuer. Les bénéficiaires du projet ont donc récolté plusieurs kilos de graines et en ont planté plus de 1500 dans les pépinières, afin de favoriser sa reforestation. Le reste des graines fut séché afin d’être transformé et consommé. 

Cinq bénéficiaires du projet Perijá on eut l’occasion de participer à un échange de connaissances sur le thème du Noyer Maya. Cet échange s’est déroulé dans la commune del Palmar près d’Ovejas dans le département du Sucre en Colombie. Cet évènement a rassemblé de nombreux bénéficiaires venant des quatre projets qu’Envol Vert soutien en Colombie. 

Lors de cet échange les bénéficiaires ont pu participer à de nombreux ateliers sur la cuisine de la graine du Noyer Maya, échanger des recettes et gouter à de nombreuses préparations réalisées à partir de celle-ci. Sèche ou fraîche, la graine du Noyer Maya peut se consommer de multiples façons. Fraiche elle peut se être cuite à l’eau puis servit en accompagnement d’un plat ou dans une salade ; elle peut également être moulue afin d’obtenir une pâte pouvant servir à la confection d’arepa. Sèche, la graine est toastée et moulue afin de la transformer en farine, celle-ci peut ensuite être utilisée dans de nombreuses recettes de plats (pain, galettes, gâteaux, pudding etc…) ou de boissons (infusion ou jus). 

Pour plus d’informations sur les projets menés autour du Noyer Maya je vous invite à vous rendre ici

 

Avril 2019

De la pluie et de la joie

Perija Serenia Las FloresDans une région où le manque de précipitations peut porter préjudice aux cultures et augmenter la sensation d’aridité, l’arrivée de la saison de pluies reverdit les flancs de la Serranía del Perijá et fait naître des sourires sur les visages en cette période synonyme d’allégresse. (Photo : Flancs reverdis de la Serranía)

Ce moment de l’année correspond également au début des plantations. De fait, sur la base d’un design de système agroforestier réalisé en collaboration avec les bénéficiaires, les premiers arbres du projet ont été plantés dans le bourg de la Victoria San Isidro. Cette parcelle pilote d’un demi hectare devrait accueillir 200 arbres environ: des ligneux tels que Ceiba, Albizia Lebbeck, Carbonero et Campano, et des fruitiers tel que Tórombolo, Puma Rosa, Tamarindo, Oranger, Mamón, Papayer et Goyavier qui seront associés à des cultures de maïs, de manioc d’ananas et la fleur d’Hibiscus. Ces derniers ont été découverts par les agriculteurs au cours de l’échange organisé à los Limites en Décembre 2018 avec l’aide d’Envol Vert.

La fleur d’Hibiscus est une plante alimentaire dont on utilise le fruit. Ses usages les plus communs sont la confection de boissons rafraîchissantes et de sirops, de confitures et gelées et d’une poudre utilisée en pâtisserie pour saupoudrer les gâteaux.

Plante à la croissance très rapide, les bénéficiaires de Las Delicias et de Alto de Las Flores ont pu commencer à les planter dans leurs fermes en cette fin de mois d’Avril. (Photo: Agriculteurs partant avec les oseilles de Guinée)

 

 

Mars 2019

Echange d’expérience, agroforesterie et pépinières

Pendant quelques jours, la communauté de La Victoria San Isidro a reçu en ce mois de Mars la visite d’une vingtaine d’agriculteurs des 3 autres projets d’Envol Vert dans la région Caraïbe de la Colombie : Los Limites (Atlántico), Jerez (Guajira) et Ovejas (Sucre). Au cours de cette réunion, un atelier participatif sur la fabrication et l’utilisation des intrants biologiques dans la production de matériel végétal et dans les cultures a été organisé : pendant une demi journée, chacun des agriculteurs a pu faire part de ses connaissances en la matière (recettes, usages, fréquences d’application, etc.). Cette capitalisation inclusive des savoirs a pour objectif de favoriser la diffusion de pratiques culturales biologiques et à faibles coûts. En réduisant les dépenses d’achat d’intrants phytosanitaires, les acteurs augmentent leur revenu disponible tout en préservant l’environnement.

parcelle PerijaCette visite a aussi été l’occasion pour les « visiteurs » de découvrir des parcelles de café en agroforesterie : Nogal cafetero (Cordia alliodora), Guamo blanco (Inga spuria), Barbatúsco (Erythrina Poeppigian), Algarrobo (Hymenaea courbaril), Carbonero (Zygia inaequalis), Guayacan (Erythrina Poeppigian) sont les espèces privilégiées en Colombie en association avec les plantes de café et de cacao. L’un des principes de base de l’agroécologie est de nourrir le sol et non uniquement la plante, comme cela est le cas en agriculture conventionnelle. Les espèces de la famille des Fabaceae (dites « légumineuses ») sont fixatrices d’azote dans le sol donc particulièrement adaptées à l’agroforesterie qui associe arbres et cultures. L’Algarrobo, le Barbatúsco, le Carbonero et le Guamo blanco sont des légumineuses. En outre, parmi les intérêts de l’introduction d’arbres au sein des cultures, l’apport d’ombre. Le choix des espèces est donc guidé par la quantité d’ombrage souhaitée : l’excès (manque de luminosité) ou le défaut (évaporation, brûlure) nuisent à la productivité et à la qualité de la production. Sont donc privilégiées les espèces dont la ramure est de petite envergure et de faible densité. (photo parcelle en agroforesterie)

pépinière PerijaOutre des espèces adaptées aux cultures de café et de cacao, les agriculteurs ont également choisi des espèces destinées à la création de systèmes agroforestiers à base de fruitiers (Guanábana, Guayaba, Tamarindo, Mandarina, Naranja, Chirimoya, Mamón, Jobo, Ciruela, Achiote, Papaya, Zapote, Níspero) et d’arbres forestiers (Orejero, Guaimaro, Camajón, Matarratón, Campano, Cedro Rojo, Corazon Fino, Ceiba, Caracolí, Roble).

Dans le bourg d’Argentina Norte, les mois de Février et Mars ont été consacrés à achever la mise en place des pépinières et les plantations de graines. Dans le bourg de Alto de Las Flores, les agriculteurs ont récolté les premières productions du potager communautaire.

(photo pépinière Las Flores)

Janvier 2019

Chorale de la Nature…

La municipalité de La Jagua de Ibirico compte 9 bourgs sur les flancs colombiens de la Serranía del Perijá. L’échantillonnage d’Envol Vert et d’ASOTEPROS a permis d’identifier 3 zones d’intérêt où initier le projet « Forêts comestibles » en Septembre dernier : les bourgs de La Victoria San Isidro (alt : 200m), de Alto de Las Flores (alt : 1300m) et de Argentina Norte (alt : 1600m). Deux étages climatiques donc, caractérisés par deux écosystèmes distincts : les terres chaudesen dessous de 800 m d’altitude où se situe les forêts tropicales sèchesavec des températures comprises entre 25° et 35° toute l’année ; et les terres tempérées entre 800 et 2000 m d’altitude (zones de culture du café) où l’on trouve desforêts tropicales semi humides avec des températures comprises entre 15° et 35° toute l’année. Située en zone tropicale entre l’équateur et le tropique du Cancer, saison sèche et saison des pluies (Avril-Mai et Septembre-Octobre-Novembre) se succèdent le temps d’une révolution de la Terre. Les plantations d’arbres n’ont lieu que durant la saison des pluies.

Pour l’ONG, l’activité de reforestation repose en premier lieu sur la production de matériel végétal dont la charge incombe à des groupes de 10 à 15 « bénéficiaires » par zone. Les agriculteurs de Argentina Norte se sont désormais eux aussi lancés dans la construction de leur pépinière communautaire au sein de l’école. Les 3 pépinières du projet sont donc en place avec une capacité de production totale d’environ 12000 arbres.

© N. Contin
© N. Contin

Dans la pépinière de Alto de Las Flores, les premières graines ont été semées, et les premières germinations ont provoqué l’émoi de la plupart des membres du groupe, les benjamins et leurs aînés ! Ordalie païenne en terres chrétiennes…

© N. Contin
© N. Contin

Dans un élan d’enthousiasme, ils ont décidé d’aménager un jardin potager dans la pépinière au bénéfice des enfants de l’école, jeunes pousses qui participent eux aussi à leur manière.

À suivre, panorama des essences à planter…

 

Décembre 2018

Pépinière de Alto de Las Flores et visite d’agriculteurs inter-projets

Autrefois pluvieux, sous l’effet de « El Niño » et du changement climatique, le mois de Décembre est aujourd’hui un mois de sécheresse dans la région Caribe de la Colombie. De sécheresse et de vents violents ! Si la Serranía del Perijá regorge d’eau, entre autres contraintes environnementales, la brise qui souffle puissamment a elle maltraité la pépinière de La Victoria San Isidro qui en conséquence s’est dotée de coupe-vent latéraux pour protéger les arbres en croissance.

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Pierre angulaire d’un projet de reforestation, lieux de renforcement du lien social, les pépinières communautaires sont pour Envol Vert des outils stratégiques autour desquels s’articulent ses projets et s’anime la dynamique de groupe des populations locales. Qui plus est, choix méthodologique, l’ONG œuvre pour une mise en autonomie et une prise de responsabilité rapide des acteurs, facteurs clés de la durabilité d’un projet de développement.

foret_seche_ninos_vivero_las_floresAu cours de la première quinzaine de Décembre une vingtaine de membres de la vereda de Alto de Las Flores s’est donc mobilisée pour sortir de terre leur « Pépinière Communautaire ». Ce sont entre 4 et 5 mille arbres de 10 à 15 espèces différentes qu’ensemble ils vont tenter de faire pousser avant de les transplanter sur leurs cultures de café et sur les parcelles agroforestières qui vont être créées.

En outre, quelques jours avant les fêtes, une trentaine de membres du projet « Forêts comestibles » de La Victoria San Isidro, de Alto de Las Flores et d’Argentina sont allés découvrir le projet « Noyer Maya et Elevage soutenable », projet historique d’Envol Vert en Colombie. Outre l’aventure humaine pour ces deux groupes d’agriculteurs aux caractéristiques socio-économiques très différentes (propriétaires vs métayers ; natifs vs déplacés ; caféiculteurs vs maraîchers), il s’agissait de permettre une transmission d’expérience entre membres d’un projet mature et d’un naissant. Les parcelles en agroforesterie, la production d’engrais biologique et les alternatives économiques présentées semblent avoir suscités l’intérêt des visiteurs.

« Grâce à Dieu » selon leurs termes, au cours de ce voyage, nombre d’entre eux ont vu la mer et s’y sont plongés pour la première fois de leur existence…

 

Novembre 2018

©N.Contin
©N.ContinNovembre 2018

Ô rythme du café !

Típica, Borbón, Maragogipe, Tabi, Caturra, Castillo… autant de variétés cultivées ici, toutes de l’espèce Arábica, la seule présente en Colombie.

Sur les flancs de la Serranía del Perijá se trouvent les fermes des agriculteurs et leurs cultures de café, principale ressource économique des habitants de La Victoria San Isidro et des bourgs disséminés dans ces montagnes. En ce mois de Novembre, l’heure de la récolte a sonné et tout le monde est à pied d’œuvre ! Des 4×4 descendent quotidiennement de la Sierra gorgés de sacs d’Arábica et de saisonniers. Les rues du village se couvrent et se découvrent de grains au rythme des poussées de fièvre solaire.

©N.Contin
©N.Contin

La caféiculture et les rares cultures maraichères s’effectuent le plus souvent sur des bassins versants déforestés. A court terme la surexposition au soleil des plants et des sols affecte la productivité ; à long terme elle entraîne un phénomène de désertification. Dans les veredas de Alto de Las Flores et d’Argentina, les groupes d’agriculteurs se structurent autour de ce projet communautaire de reforestation. Place à l’intelligence collective. Il a été décidé que les pépinières construites abriteront des espèces natives permettant le développement des cultures de « café d’ombre » en agroforesterie, ainsi que des espèces « comestibles ». La consommation et la transformation du produit de ces arbres qui densifieront le couvert forestier de la zone a pour triple objectifs de permettre aux communautés locales d’accroitre leur niveau de souveraineté alimentaire, diversifier leur alimentation, et à moyen terme développer des alternatives économiques. L’inflexion de la déforestation anthropique nécessite l’augmentation de la valeur d’usage des arbres et l’optimisation des services écosystémiques des forêts.

©N.Contin
©N.Contin

Par ailleurs, dans une perspective de sensibilisation environnementale, grâce à la collaboration des élèves de l’Institut Agricole de La Victoria, le documentaire « Colombie, magie sauvage » a été diffusé sur la place du village devant plus de 200 spectateurs afin que ces derniers, qui pour la plupart voyagent peu, puissent apprécier l’esthétique et la richesse de la biodiversité colombienne.

Dans ce théâtre caribéen de la Perijá, Acte suivant, les pépinières !

Octobre 2018

Première formation « gestion de pépinières »

Le 13 octobre 2018, notre technicien en systèmes agroforestiers, Jonathan Gordillo a donné une formation sur la création et la gestion des pépinières devant une trentaine d’agriculteurs et de membres de la communauté de La Victoria San Isidro.

Nous sommes au pied de la Serranía del Perijá au sein d’une pépinière dans laquelle vont naître et croître 10 à 15 mille arbres, gérée par ASOMAVIC, une association de femmes de la communauté. L’objectif ? Restaurer des zones de forêt tropicale abîmées par des décennies de pratique agricole coutumière, le brûlis, en créant des forêts « comestibles ».

perija argentina

Dans une région où le nombre d’agriculteurs est en forte progression depuis la fin des conflits armés et où la culture du café est l’une des principales sources de revenus, le développement de systèmes agroforestiers, ses bienfaits sur l’environnement et les perspectives agronomiques qu’ils offrent, semble séduire tous les acteurs.

Au cœur de la Serranía del Perijá, dans les veredas de Alto de las Flores et de Argentina, deux écoles d’une cinquantaine d’élèves ont été intégrées au projet. L’une accueillera une pépinière en son sein, et dans les deux, les enfants seront associés aux agriculteurs dans les soins apportés aux arbres en devenir.

Lutte contre la perte de biodiversité, souveraineté alimentaire et développement économique des populations locales : en synergie avec ASOTEPROS, les ambitions partagées par les membres de l’ONG prennent vie sur cette excroissance andine où se rencontrent Colombie et Venezuela.

Ce message est également disponible en : Espagnol