foret comestible perija

Actualités 2019/2018 – Projet Forêt comestible

Janvier 2018

Chorale de la Nature…

La municipalité de La Jagua de Ibirico compte 9 bourgs sur les flancs colombiens de la Serranía del Perijá. L’échantillonnage d’Envol Vert et d’ASOTEPROS a permis d’identifier 3 zones d’intérêt où initier le projet « Forêts comestibles » en Septembre dernier : les bourgs de La Victoria San Isidro (alt : 200m), de Alto de Las Flores (alt : 1300m) et de Argentina Norte (alt : 1600m). Deux étages climatiques donc, caractérisés par deux écosystèmes distincts : les terres chaudesen dessous de 800 m d’altitude où se situe les forêts tropicales sèchesavec des températures comprises entre 25° et 35° toute l’année ; et les terres tempérées entre 800 et 2000 m d’altitude (zones de culture du café) où l’on trouve desforêts tropicales semi humides avec des températures comprises entre 15° et 35° toute l’année. Située en zone tropicale entre l’équateur et le tropique du Cancer, saison sèche et saison des pluies (Avril-Mai et Septembre-Octobre-Novembre) se succèdent le temps d’une révolution de la Terre. Les plantations d’arbres n’ont lieu que durant la saison des pluies.

Pour l’ONG, l’activité de reforestation repose en premier lieu sur la production de matériel végétal dont la charge incombe à des groupes de 10 à 15 « bénéficiaires » par zone. Les agriculteurs de Argentina Norte se sont désormais eux aussi lancés dans la construction de leur pépinière communautaire au sein de l’école. Les 3 pépinières du projet sont donc en place avec une capacité de production totale d’environ 12000 arbres.

© N. Contin
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Dans la pépinière de Alto de Las Flores, les premières graines ont été semées, et les premières germinations ont provoqué l’émoi de la plupart des membres du groupe, les benjamins et leurs aînés ! Ordalie païenne en terres chrétiennes…

© N. Contin
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Dans un élan d’enthousiasme, ils ont décidé d’aménager un jardin potager dans la pépinière au bénéfice des enfants de l’école, jeunes pousses qui participent eux aussi à leur manière.

À suivre, panorama des essences à planter…

 

Décembre 2018

Pépinière de Alto de Las Flores et visite d’agriculteurs inter-projets

Autrefois pluvieux, sous l’effet de « El Niño » et du changement climatique, le mois de Décembre est aujourd’hui un mois de sécheresse dans la région Caribe de la Colombie. De sécheresse et de vents violents ! Si la Serranía del Perijá regorge d’eau, entre autres contraintes environnementales, la brise qui souffle puissamment a elle maltraité la pépinière de La Victoria San Isidro qui en conséquence s’est dotée de coupe-vent latéraux pour protéger les arbres en croissance.

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Pierre angulaire d’un projet de reforestation, lieux de renforcement du lien social, les pépinières communautaires sont pour Envol Vert des outils stratégiques autour desquels s’articulent ses projets et s’anime la dynamique de groupe des populations locales. Qui plus est, choix méthodologique, l’ONG œuvre pour une mise en autonomie et une prise de responsabilité rapide des acteurs, facteurs clés de la durabilité d’un projet de développement.

foret_seche_ninos_vivero_las_floresAu cours de la première quinzaine de Décembre une vingtaine de membres de la vereda de Alto de Las Flores s’est donc mobilisée pour sortir de terre leur « Pépinière Communautaire ». Ce sont entre 4 et 5 mille arbres de 10 à 15 espèces différentes qu’ensemble ils vont tenter de faire pousser avant de les transplanter sur leurs cultures de café et sur les parcelles agroforestières qui vont être créées.

En outre, quelques jours avant les fêtes, une trentaine de membres du projet « Forêts comestibles » de La Victoria San Isidro, de Alto de Las Flores et d’Argentina sont allés découvrir le projet « Noyer Maya et Elevage soutenable », projet historique d’Envol Vert en Colombie. Outre l’aventure humaine pour ces deux groupes d’agriculteurs aux caractéristiques socio-économiques très différentes (propriétaires vs métayers ; natifs vs déplacés ; caféiculteurs vs maraîchers), il s’agissait de permettre une transmission d’expérience entre membres d’un projet mature et d’un naissant. Les parcelles en agroforesterie, la production d’engrais biologique et les alternatives économiques présentées semblent avoir suscités l’intérêt des visiteurs.

« Grâce à Dieu » selon leurs termes, au cours de ce voyage, nombre d’entre eux ont vu la mer et s’y sont plongés pour la première fois de leur existence…

 

Novembre 2018

©N.Contin
©N.ContinNovembre 2018

Ô rythme du café !

Típica, Borbón, Maragogipe, Tabi, Caturra, Castillo… autant de variétés cultivées ici, toutes de l’espèce Arábica, la seule présente en Colombie.

Sur les flancs de la Serranía del Perijá se trouvent les fermes des agriculteurs et leurs cultures de café, principale ressource économique des habitants de La Victoria San Isidro et des bourgs disséminés dans ces montagnes. En ce mois de Novembre, l’heure de la récolte a sonné et tout le monde est à pied d’œuvre ! Des 4×4 descendent quotidiennement de la Sierra gorgés de sacs d’Arábica et de saisonniers. Les rues du village se couvrent et se découvrent de grains au rythme des poussées de fièvre solaire.

©N.Contin
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La caféiculture et les rares cultures maraichères s’effectuent le plus souvent sur des bassins versants déforestés. A court terme la surexposition au soleil des plants et des sols affecte la productivité ; à long terme elle entraîne un phénomène de désertification. Dans les veredas de Alto de Las Flores et d’Argentina, les groupes d’agriculteurs se structurent autour de ce projet communautaire de reforestation. Place à l’intelligence collective. Il a été décidé que les pépinières construites abriteront des espèces natives permettant le développement des cultures de « café d’ombre » en agroforesterie, ainsi que des espèces « comestibles ». La consommation et la transformation du produit de ces arbres qui densifieront le couvert forestier de la zone a pour triple objectifs de permettre aux communautés locales d’accroitre leur niveau de souveraineté alimentaire, diversifier leur alimentation, et à moyen terme développer des alternatives économiques. L’inflexion de la déforestation anthropique nécessite l’augmentation de la valeur d’usage des arbres et l’optimisation des services écosystémiques des forêts.

©N.Contin
©N.Contin

Par ailleurs, dans une perspective de sensibilisation environnementale, grâce à la collaboration des élèves de l’Institut Agricole de La Victoria, le documentaire « Colombie, magie sauvage » a été diffusé sur la place du village devant plus de 200 spectateurs afin que ces derniers, qui pour la plupart voyagent peu, puissent apprécier l’esthétique et la richesse de la biodiversité colombienne.

Dans ce théâtre caribéen de la Perijá, Acte suivant, les pépinières !

Octobre 2018

Première formation « gestion de pépinières »

Le 13 octobre 2018, notre technicien en systèmes agroforestiers, Jonathan Gordillo a donné une formation sur la création et la gestion des pépinières devant une trentaine d’agriculteurs et de membres de la communauté de La Victoria San Isidro.

Nous sommes au pied de la Serranía del Perijá au sein d’une pépinière dans laquelle vont naître et croître 10 à 15 mille arbres, gérée par ASOMAVIC, une association de femmes de la communauté. L’objectif ? Restaurer des zones de forêt tropicale abîmées par des décennies de pratique agricole coutumière, le brûlis, en créant des forêts « comestibles ».

perija argentina

Dans une région où le nombre d’agriculteurs est en forte progression depuis la fin des conflits armés et où la culture du café est l’une des principales sources de revenus, le développement de systèmes agroforestiers, ses bienfaits sur l’environnement et les perspectives agronomiques qu’ils offrent, semble séduire tous les acteurs.

Au cœur de la Serranía del Perijá, dans les veredas de Alto de las Flores et de Argentina, deux écoles d’une cinquantaine d’élèves ont été intégrées au projet. L’une accueillera une pépinière en son sein, et dans les deux, les enfants seront associés aux agriculteurs dans les soins apportés aux arbres en devenir.

Lutte contre la perte de biodiversité, souveraineté alimentaire et développement économique des populations locales : en synergie avec ASOTEPROS, les ambitions partagées par les membres de l’ONG prennent vie sur cette excroissance andine où se rencontrent Colombie et Venezuela.

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