Publié le : 20/11/20236.5 min de lecture

Envol Vert lance l’Empreinte Forêt des Péruviens, qui vise à mettre en évidence la relation entre la consommation nationale et la surface de forêts déforestées. Ce sont 773 m² de forêt, soit l’équivalent de 1,5 terrain de football, que le Péruvien moyen prélève des forêts pour satisfaire ses besoins annuels.

Le jeudi 12 octobre 2023 a eu lieu le lancement officiel de l’Empreinte Forêt péruvienne, à l’Alliance française à Lima. Envol Vert a pu compter sur la participation de divers acteurs clés vis-à-vis de l’élaboration de cet outil. Ainsi, une table ronde sur le défi de la traçabilité au Pérou a été organisé avec des membres d’organisations comme le Ministère de l’Environnement (MINAM), le Ministère du Développement Agricole (MIDAGRI), l’Union Européenne au Pérou, l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture au Pérou (FAO) et l’Agence Française de Développement (AFD).

L’Empreinte Forêt est un outil qui cherche à mesurer l’impact des produits de consommation courante sur la déforestation et la dégradation des forêts naturelles, en raison de la déforestation générée par l’achat et la production de certains aliments ou produits de base dans un pays. Elle a été calculée jusqu’à présent pour la France, la Colombie et le Pérou. Une nouveauté !

Comment est-ce calculé ?

L’Empreinte Forêt est un indicateur symbolique qui évalue la pression exercée par les êtres humains sur les forêts à travers les systèmes de production d’aliments et d’autres produits. Plus précisément, elle mesure les surfaces terrestres nécessaires pour produire les ressources (matières premières) à risque de déforestation consommées par un individu, une population ou une activité, en prenant en compte la gestion des ressources à l’échelle mondiale ou spécifique à un pays.

Pour cela, un comité technique a été constitué, composé de différentes institutions et organisations spécialisées dans ces thématiques :

  • ONG :  WWF, DAR (Droit, Environnement et Ressources naturelles), SPDA (Société Péruvienne du Droit Environnemental) et ACCA (Association pour la Conservation du Bassin d’Amazonie);
  • Ministères : MIDAGRI (Ministère de l’Agriculture) et MINAM (Ministère de l’Environnement) ;
  • Acteurs de coopération internationale : AFD (Alliance Française de Développement) et GIZ (Société Allemande pour la Coopération Internationale) ;
  • le Centre pour la recherche forestière internationale (CIFOR) et  l’Agroforesterie mondiale (ICRAF).

L’empreinte Forêt comme outil de sensibilisation

L’Empreinte Forêt vise à sensibiliser le public sur la relation entre la consommation de produits courants et leurs impacts en termes de déforestation, en utilisant un outil qui simplifie l’information sur la complexité des processus de déforestation. L’Empreinte Forêt correspond au risque qu’une superficie soit prélevée sur les forêts pour répondre aux besoins de consommation et de mode de vie d’un Péruvien moyen.

54% des 773 m² de l’Empreinte Forêt sont dûs à la consommation de viande et de produits laitiers !

Il arrive souvent que nous ayons de fausses idées sur les causes de la déforestation notamment, les habitants des villes qui ont tendance à penser que la déforestation est liée à une « consommation excessive de papier » ou à « la construction de meubles ». L’Empreinte Forêt  péruvienne, un outil qui nous permet de briser ces fausses croyances, met en évidence que 89% de l’empreinte forêt du consommateur péruvien est liée à des produits alimentaires. Le papier et les meubles représentent à peine 3% de l’empreinte forêt, tandis que 39% sont attribués à la consommation de produits laitiers et 10% à la viande de poulet.

Le soja représente le 2e poste, avec 13% de l’Empreinte Forêt ; utilisé principalement comme tourteaux de soja (alimentation du bétail) et huile de soja ; et le maïs représente 12% de l’Empreinte Forêt, à cause de la consommation élevée de poulet (50 kg / an / personne) et d’oeufs. Le maïs et le soja sont principalement consommés comme des aliments pour les animaux.

Les autres matières premières ont une importance moindre, le cuir (chaussures et maroquinerie) représente environ 5% de l’Empreinte Forêt, et le bois de construction seulement 2%. Excepté le riz, on constate que les produits ayant le plus d’impact sur l’empreinte sont liés à la consommation de produits de provenance animale.

Réduire son Empreinte Forêt est possible

Envol Vert a démontré qu’il est facile de réduire son empreinte forêt en apportant de petits changements dans ses habitudes de consommation et son mode de vie. Le consommateur peut réduire son empreinte en réduisant sa consommation de produits d’origine animale ! Étant donnée la grande responsabilité de la consommation de viande (en particulier de poulet) ainsi que d’œufs et de lait, un végétarien pratiquant peut réduire son empreinte forestière de 21%, et un végétalien peut la réduire de plus de 70%.

Recommandations importantes pour les différents publics : consommateurs, gouvernement et entreprises :

Consommateurs

  • Réduire la consommation de produits à base de lait et de viandes blanches et rouges, en les remplaçant par des protéines végétales (pois chiches, haricots, fèves…) : prendre au moins 1 déjeuner végétarien par semaine.
  • Varier les huiles pour cuisiner (tournesol, olive…) pour éviter l’huile de palme et/ou de soja.
  • Remplacer le riz blanc par du riz complet et ainsi réduire les portions puisque le riz complet est plus nutritif.
  • Donner la priorité aux options de mobilité douce et/ou partagée.
  • Être un consommateur responsable dans ses achats, éviter la surconsommation, les tendances éphémères, réutiliser, recycler et réparer ses produits. Cela permet de renforcer l’économie locale et ses finances.
  • Être un consommateur plus exigeant : demandez des informations sur la traçabilité.

Etat / politiques publiques

  • Mettre en place un outil solide et unifié de traçabilité pour les produits agricoles est indispensable pour lutter contre la déforestation. Le label vert “Alliés pour la conservation” du SERNANP garantit une production 0 déforestation.
  • Soutenir les agriculteurs et les coopératives dans des projets durables, intrants, assistance technique, pour éviter les brûlis, promouvoir l’agroforesterie et le sylvopastoralisme. Soutenir l’amélioration des rendements de certaines matières premières (bétail).
  • Calculer l’Empreinte Forêt de l’État péruvien afin d’influencer ses marchés publics.

Entreprises / secteur privé

  • Produire mieux : augmenter les rendements du bétail grâce au sylvopastoralisme, en particulier dans les départements amazoniens où la menace de déforestation est la plus forte.
  • Établir des politiques solides de traçabilité et de zéro-déforestation avec des directives et des règles garantissant la traçabilité à chaque maillon de la chaîne productive. Cela implique de consacrer des ressources humaines et financières.
  • Développer une utilisation directe et locale des matières premières. Cela leur permet de mieux contrôler les intrants qu’ils achètent, en réduisant le nombre d’intermédiaires. Cela génère également un commerce plus équitable, en revalorisant le prix de vente au producteur.
  • Éviter les importations en provenance de pays où la déforestation est plus importante (comme le soja en Bolivie).

Pour calculer votre empreinte forestière : https://empreinte-foret.org/quizz/

L’empreinte forêt du Pérou a été financée par l’Agence Française de Développement (AFD).

Pour en savoir plus, téléchargez le rapport sur l’Empreinte Forêt Pérou.

Publié le : 20/11/20236.5 min de lecture

Envol Vert lance l’Empreinte Forêt des Péruviens, qui vise à mettre en évidence la relation entre la consommation nationale et la surface de forêts déforestées. Ce sont 773 m² de forêt, soit l’équivalent de 1,5 terrain de football, que le Péruvien moyen prélève des forêts pour satisfaire ses besoins annuels.

Le jeudi 12 octobre 2023 a eu lieu le lancement officiel de l’Empreinte Forêt péruvienne, à l’Alliance française à Lima. Envol Vert a pu compter sur la participation de divers acteurs clés vis-à-vis de l’élaboration de cet outil. Ainsi, une table ronde sur le défi de la traçabilité au Pérou a été organisé avec des membres d’organisations comme le Ministère de l’Environnement (MINAM), le Ministère du Développement Agricole (MIDAGRI), l’Union Européenne au Pérou, l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture au Pérou (FAO) et l’Agence Française de Développement (AFD).

L’Empreinte Forêt est un outil qui cherche à mesurer l’impact des produits de consommation courante sur la déforestation et la dégradation des forêts naturelles, en raison de la déforestation générée par l’achat et la production de certains aliments ou produits de base dans un pays. Elle a été calculée jusqu’à présent pour la France, la Colombie et le Pérou. Une nouveauté !

Comment est-ce calculé ?

L’Empreinte Forêt est un indicateur symbolique qui évalue la pression exercée par les êtres humains sur les forêts à travers les systèmes de production d’aliments et d’autres produits. Plus précisément, elle mesure les surfaces terrestres nécessaires pour produire les ressources (matières premières) à risque de déforestation consommées par un individu, une population ou une activité, en prenant en compte la gestion des ressources à l’échelle mondiale ou spécifique à un pays.

Pour cela, un comité technique a été constitué, composé de différentes institutions et organisations spécialisées dans ces thématiques :

  • ONG :  WWF, DAR (Droit, Environnement et Ressources naturelles), SPDA (Société Péruvienne du Droit Environnemental) et ACCA (Association pour la Conservation du Bassin d’Amazonie);
  • Ministères : MIDAGRI (Ministère de l’Agriculture) et MINAM (Ministère de l’Environnement) ;
  • Acteurs de coopération internationale : AFD (Alliance Française de Développement) et GIZ (Société Allemande pour la Coopération Internationale) ;
  • le Centre pour la recherche forestière internationale (CIFOR) et  l’Agroforesterie mondiale (ICRAF).

L’empreinte Forêt comme outil de sensibilisation

L’Empreinte Forêt vise à sensibiliser le public sur la relation entre la consommation de produits courants et leurs impacts en termes de déforestation, en utilisant un outil qui simplifie l’information sur la complexité des processus de déforestation. L’Empreinte Forêt correspond au risque qu’une superficie soit prélevée sur les forêts pour répondre aux besoins de consommation et de mode de vie d’un Péruvien moyen.

54% des 773 m² de l’Empreinte Forêt sont dûs à la consommation de viande et de produits laitiers !

Il arrive souvent que nous ayons de fausses idées sur les causes de la déforestation notamment, les habitants des villes qui ont tendance à penser que la déforestation est liée à une « consommation excessive de papier » ou à « la construction de meubles ». L’Empreinte Forêt  péruvienne, un outil qui nous permet de briser ces fausses croyances, met en évidence que 89% de l’empreinte forêt du consommateur péruvien est liée à des produits alimentaires. Le papier et les meubles représentent à peine 3% de l’empreinte forêt, tandis que 39% sont attribués à la consommation de produits laitiers et 10% à la viande de poulet.

Le soja représente le 2e poste, avec 13% de l’Empreinte Forêt ; utilisé principalement comme tourteaux de soja (alimentation du bétail) et huile de soja ; et le maïs représente 12% de l’Empreinte Forêt, à cause de la consommation élevée de poulet (50 kg / an / personne) et d’oeufs. Le maïs et le soja sont principalement consommés comme des aliments pour les animaux.

Les autres matières premières ont une importance moindre, le cuir (chaussures et maroquinerie) représente environ 5% de l’Empreinte Forêt, et le bois de construction seulement 2%. Excepté le riz, on constate que les produits ayant le plus d’impact sur l’empreinte sont liés à la consommation de produits de provenance animale.

Réduire son Empreinte Forêt est possible

Envol Vert a démontré qu’il est facile de réduire son empreinte forêt en apportant de petits changements dans ses habitudes de consommation et son mode de vie. Le consommateur peut réduire son empreinte en réduisant sa consommation de produits d’origine animale ! Étant donnée la grande responsabilité de la consommation de viande (en particulier de poulet) ainsi que d’œufs et de lait, un végétarien pratiquant peut réduire son empreinte forestière de 21%, et un végétalien peut la réduire de plus de 70%.

Recommandations importantes pour les différents publics : consommateurs, gouvernement et entreprises :

Consommateurs

  • Réduire la consommation de produits à base de lait et de viandes blanches et rouges, en les remplaçant par des protéines végétales (pois chiches, haricots, fèves…) : prendre au moins 1 déjeuner végétarien par semaine.
  • Varier les huiles pour cuisiner (tournesol, olive…) pour éviter l’huile de palme et/ou de soja.
  • Remplacer le riz blanc par du riz complet et ainsi réduire les portions puisque le riz complet est plus nutritif.
  • Donner la priorité aux options de mobilité douce et/ou partagée.
  • Être un consommateur responsable dans ses achats, éviter la surconsommation, les tendances éphémères, réutiliser, recycler et réparer ses produits. Cela permet de renforcer l’économie locale et ses finances.
  • Être un consommateur plus exigeant : demandez des informations sur la traçabilité.

Etat / politiques publiques

  • Mettre en place un outil solide et unifié de traçabilité pour les produits agricoles est indispensable pour lutter contre la déforestation. Le label vert “Alliés pour la conservation” du SERNANP garantit une production 0 déforestation.
  • Soutenir les agriculteurs et les coopératives dans des projets durables, intrants, assistance technique, pour éviter les brûlis, promouvoir l’agroforesterie et le sylvopastoralisme. Soutenir l’amélioration des rendements de certaines matières premières (bétail).
  • Calculer l’Empreinte Forêt de l’État péruvien afin d’influencer ses marchés publics.

Entreprises / secteur privé

  • Produire mieux : augmenter les rendements du bétail grâce au sylvopastoralisme, en particulier dans les départements amazoniens où la menace de déforestation est la plus forte.
  • Établir des politiques solides de traçabilité et de zéro-déforestation avec des directives et des règles garantissant la traçabilité à chaque maillon de la chaîne productive. Cela implique de consacrer des ressources humaines et financières.
  • Développer une utilisation directe et locale des matières premières. Cela leur permet de mieux contrôler les intrants qu’ils achètent, en réduisant le nombre d’intermédiaires. Cela génère également un commerce plus équitable, en revalorisant le prix de vente au producteur.
  • Éviter les importations en provenance de pays où la déforestation est plus importante (comme le soja en Bolivie).

Pour calculer votre empreinte forestière : https://empreinte-foret.org/quizz/

L’empreinte forêt du Pérou a été financée par l’Agence Française de Développement (AFD).

Pour en savoir plus, téléchargez le rapport sur l’Empreinte Forêt Pérou.

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