Envol Vert en partenariat avec le Conservatoire d’espaces naturels d’Auvergne a participé au projet des vallées glaciaires du Haut Forez. Participation suspendue en 2015. Située dans le Parc Naturel Régional du Livradois Forez, ces vallées sont riches en biodiversité. Bien que présentes sur de faibles surfaces le rôle écologique des forêts dans ces vallées est majeure pourtant elles sont menacées.

Des forêts à fort caractère naturel

Le Haut-Forez est connu pour ces paysages de landes d’altitudes parsemées de tourbières, qui constituent un ensemble de grand intérêt écologique. Le paysage se présente sous la forme d’un plateau, aux reliefs ondulés, creusé par d’anciennes vallées glaciaires.

Les pentes sont occupées par des forêts à fort caractère naturel : aulnaies saulaies dans le fonds des vallons occupés par des zones humides, puis hêtraie et hêtraie sapinière dans les pentes, débouchant sur les « zones de combat » en limite des landes, occupées par les sorbiers.

Bien que représentant des surfaces assez faibles, ces forêts sont écologiquement intéressantes dans un paysage majoritairement « ouvert » et par le continuum écologique qu’elles représentent le long de ces vallées.

Une riche biodiversité

L’alternance de ces milieux (hêtraie et hêtraie sapinière, chaumes, tourbières et prairies…) crée une diversité naturelle et paysagère qui favorise la présence d’espèces animales montagnardes intéressantes : chouette de Tengmalm, gélinotte, chat forestier… La diversité en papillons est également à noter avec par exemple une espèce rare le Satyrion… Sur les sommets ont retrouve également de nombreuses espèces d’oiseaux.

Du fait des pentes, les secteurs forestiers sont très peu exploités et vieillissent lentement. La présence de bois morts constitue un indicateur de cette « non-exploitation » et favorise la présence d’espèces spécifiques, dont les invertébrés saproxyliques (se nourrissant de bois mort et participant ainsi au recyclage de la matière organique).

Les vallées constituent également la source de plusieurs cours d’eau. La rivière Ance abrite encore une importante population de Moule perlière, mollusque aquatique très menacé en Europe. Dans les zones humides, on retrouve des plantes comme la Droséra à feuilles rondes, le Saul bicolore, la Grassette à grandes feuilles ou encore la Canneberge.

En immersion dans le projet Vallées Glaciaires

Découvrez en image le projet Vallées glaciaires

Découvrez sur cette carte l’implantation du projet !

Un contexte menaçant

En Auvergne, la relative sous exploitation des forêts s’explique notamment par le morcellement de la forêt privée et localement par des difficultés d’exploitation liées aux accès difficiles. Pour remédier à cela, des aides publiques sont attribuées pour favoriser le regroupement des parcelles et la création de pistes forestières nouvelles. La demande croissante en bois, notamment pour la filière bois énergie se traduit sur certains secteurs par une pression d’exploitation accrue y compris sur des zones forestières jusqu’alors épargnées. Outre les coupes sur des boisements souvent d’origine naturelle, cette exploitation s’accompagne de l’ouverture de pistes forestières multipliant la circulation (y compris des non exploitants) et les dérangements de la faune.

Les parties basses des trois vallées ont été de longue date utilisées par les hommes comme zones de pâturage et de production de foin, comme en attestent les anciennes fermes d’altitude. Plus récemment, la déprise agricole s’est traduite par un abandon des parcelles et par des plantations de résineux qui représentent une menace sur la biodiversité (habitat monospécifique très pauvre en espèces) et sur la qualité de l’eau (accumulation des aiguilles de résineux augmentant l’acidification des sols).

Les actions menées

En partenariat avec le Conservatoire d’Espace Naturel d’Auvergne, opérateur local, le projet global vise à renforcer la protection des forêts à caractère naturel de trois vallées glaciaires du Haut-Forez afin de conserver le paysage caractéristique de la zone, la qualité de l’eau et la biodiversité animale et végétale présentes.

  • Améliorer les connaissances scientifiques à mener d’urgence afin de pourvoir prioriser les actions de protection dans les vallées du Fossat, des Rebl