Envol Vert Colombia a mené un diagnostic participatif de neuf mois aux côtés du fonds Patrimonio Natural dans deux paysages agro-naturels des Montes de María. Nous vous partageons ici le déroulé de ce projet d’envergure.
Un peu de contexte
Dans les départements de Sucre et de Bolívar, le projet « De raíces a mareas: ecosistemas resilientes » (« des racines aux marées : des écosystèmes résilients ») avance dans l’élaboration d’une feuille de route pour relever les défis environnementaux liés au changement climatique. Pilotée par le Fonds Patrimonio Natural, cette initiative vise à renforcer la capacité d’adaptation et l’influence politique des communautés paysannes, ethniques et éducatives des Montes de María.
Pour y parvenir, le projet s’appuie, dans cette phase, sur des Diagnostics Participatifs de Vulnérabilité au Changement Climatique (DVCC) dans la région. C’est Envol Vert Colombia qui est chargé de les réaliser. Ce rôle de gestionnaire de paysage agro-naturel incombe usuellement à des organisations – comme Envol Vert – disposant d’une expérience reconnue, d’une présence territoriale et d’une expérience du travail communautaire. Envol Vert accompagne ainsi les communautés dans la construction participative de ces diagnostics, destinés à identifier les risques et les capacités d’adaptation au changement climatique à partir des réalités et des spécificités propres à chaque territoire.
Ainsi, depuis octobre 2025, l’équipe d’Envol Vert accompagne deux paysages agro-naturels des Montes de María : la zone moyenne et basse et la Serranía de Coraza. Le processus bénéficie de l’appui méthodologique de l’Université technologique de Bolívar et de Tropenbos Colombia, même si son principal moteur reste les associations et les communautés du territoire.
Comprendre la méthode des diagnostics participatifs
Dans le cadre du projet De raíces a mareas: ecosistemas resilientes, les paysages agro-naturels (“agroclimáticos”) sont définis comme des zones géographiques partageant des conditions similaires de géomorphologie, de relief, de sols, de climat et d’écosystèmes, ainsi que des dynamiques sociales, culturelles et productives. Ces éléments permettent de comprendre les particularités et les vulnérabilités de chaque territoire face au changement climatique actuel et futur. Dans ces paysages agro-naturels, les connaissances techniques sont mises en dialogue avec les savoirs et les expériences des communautés, ce qui permet d’analyser différents scénarios climatiques possibles et d’identifier des stratégies d’adaptation cohérentes avec les conditions et les besoins de chaque territoire.
Neuf mois d’avancées
À travers des rencontres dans les hameaux, des rencontres à l’échelle des paysages et des ateliers de formation, les communautés ont progressivement élaboré leurs propres diagnostics de vulnérabilité face au changement climatique.
Entre octobre 2025 et juillet 2026, dans la zone moyenne et basse, le processus a notamment compris :
Dans la Serranía de Coraza, le bilan inclue :
Ce travail est également articulé avec les démarches menées auprès des établissements scolaires des paysages agro-naturels. Dans ce cadre, les élèves et les enseignant.es des deux établissements participent à l’élaboration des « projets pédagogiques territoriaux » (PPT), qui favorisent la découverte de leurs territoires, la compréhension des transformations liées au changement climatique et l’apprentissage de la préservation des écosystèmes et de la biodiversité. Ce processus bénéficie de l’accompagnement pédagogique et méthodologique de Tropenbos Colombia, partenaire du projet qui accompagne les communautés éducatives dans l’élaboration des PPT et favorise le dialogue entre les connaissances acquises à l’école, les expériences des communautés et les réalités de chaque territoire.
Des savoirs préexistants
L’une des conclusions les plus précieuses de cette analyse est que ces communautés mettent en œuvre, depuis toujours, des stratégies d’adaptation au changement climatique, souvent sans les avoir désignées comme telles. L’agroforesterie et différents modèles de gouvernance de l’eau font partie des pratiques aujourd’hui reconnues : ce processus vise seulement à les renforcer.
Les acteurs du changement
Il convient de souligner la participation active et l’engagement des organisations locales qui rendent possible cette analyse :
Dans les zones moyenne et basse, quatre associations participent activement au processus, avec une participation féminine de 39 %. Dans la Serranía de Coraza, six associations sont impliquées, avec une participation féminine de 51 %.
Les prochaines étapes
L’objectif final de cet accompagnement est de parvenir à l’élaboration d’un programme d’adaptation au changement climatique dans chaque paysage. Les prochains mois seront marqués par deux axes de travail : dans les zones moyenne et basse, l’équipe organisera deux cycles de réunions au niveau des hameaux et cinq nouvelles réunions au niveau du paysage ; dans la Serranía de Coraza, l’accent sera mis sur le renforcement de la planification et de la coordination interinstitutionnelle, tout en continuant à promouvoir le développement des compétences des communautés en matière de dialogue et de plaidoyer politique.
Chez Envol Vert, nous continuerons à apprendre et à identifier, aux côtés des communautés, chaque élément contribuant à ce diagnostic participatif. Notre objectif est que les communautés disposent des outils, des connaissances et des capacités nécessaires pour prendre des décisions concernant leurs territoires et mener leur propre adaptation au changement climatique.







