Publié le : 29/07/20264 min de lecture

Et si, pour connaître la biodiversité, il n’était pas indispensable d’observer directement les animaux ?

Une méthode novatrice nommée ADN environnemental permet d’avoir des informations de grande valeur scientifique et de renforcer la conservation des forêts de manière bien différente. Basée sur l’observation de petites traces invisibles laissées par les espèces, comme les cellules de peau, elle est introduite pour la première fois dans les hameaux ruraux de la communauté de Solano au Caquetà. Cela dans le cadre du projet Conbosque, financé par le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) et mis en œuvre pour Amazon Conservation Team (ACT) et Envol Vert. Des espaces de sensibilisation à l’ADN environnemental ont ainsi été organisés en avril 2026 avec les familles paysannes participantes au projet. Après le prélèvement de vingt échantillons d’eau et leur étude sur des sites stratégiques, par l’équipe d’ACT et de l’Universidad de Los Andes, chacun à pu constater la richesse de cet outil pour les forêts Amazonienne de Colombie. 

Une journée communautaire et participative dans le cadre du projet ConBosque

Connaître la biodiversité d’un territoire peut passer par le fait d’observer les cellules de peau, résidus de mucus, écailles ou matières organiques qui se déposent dans l’eau après le passage des animaux. Il est beaucoup plus aisé de détecter leur présence de cette façon Le programme ConBosque doit permettre de mieux comprendre la diversité biologique des territoires prioritaires de la municipalité. Dans ce cadre, des espaces de sensibilisation ont été organisés avec les familles paysannes participant au projet. L’objectif était de présenter la méthodologie de l’ADN environnemental et de planifier le suivi. Tout cela s’est déroulé de manière participative et le dialogue a abouti au choix de la zone où se produirait la première campagne d’échantillonnage, à savoir La Bamba. 

Une intervention scientifique dans des étendues d’eau avec l’ADN environnemental

Du 7 au 10 juillet 2026, l’équipe technique d’ACT et de l’Universidad de los Andes, accompagnée d’habitants de la communauté, a parcouru différentes zones de la vereda à la recherche de secteurs à forte valeur de conservation. Cela afin de prélever 20 échantillons d’eau dans des sites stratégiques, tels que des passages de faune et des points de salinisation naturelle. Chaque échantillon d’eau a été filtré selon des protocoles scientifiques spécialisés permettant de capturer le matériel génétique que les organismes libèrent naturellement dans l’environnement. Contrairement à d’autres méthodes de suivi, l’ADN environnemental constitue un outil non invasif, puisqu’il ne nécessite ni d’attraper, ni de manipuler, ni de déranger la faune sauvage. L’analyse de ces échantillons permettra d’établir un inventaire des vertébrés présents sur le territoire, y compris des espèces difficiles à détecter en raison de leurs habitudes nocturnes, de leur comportement discret ou de leur faible abondance. 

Une rencontre permettant l’échange de connaissances et d’expériences

Au-delà du travail de terrain, cette journée a également été un moment d’échange de connaissances entre les participantes. À travers des exemples du quotidien, les participantes ont compris que l’ADN fonctionne comme une « empreinte » unique que chaque être vivant laisse dans l’environnement, ce qui permet d’identifier quelles espèces sont passées par un lieu donné, uniquement grâce à l’analyse de l’eau. 

L’intérêt de la communauté pour connaître les résultats s’est reflété dans les propos de Jairo Marín, propriétaire de la ferme Villa Marín, qui a souligné la valeur que représentera cette information pour mieux comprendre la faune présente sur son territoire : 

« J’ai compris que l’ADN sert à voir combien d’animaux il y a dans la forêt, dans la zone, dans le territoire où nous sommes. Il y a peut-être des animaux dont on ne croirait presque pas qu’ils vivent ici. Ce serait bien que, plus tard, on nous donne une liste des animaux présents dans la zone. » 

Les effets positifs de l’ADN environnemental

Ce type d’outil scientifique permettra non seulement d’approfondir les connaissances sur la biodiversité de la municipalité, mais renforcera également les processus communautaires de conservation. Les résultats serviront de ligne de base pour le suivi de la faune, l’aménagement du territoire et la prise de décisions visant à protéger les écosystèmes qui soutiennent les moyens de subsistance des familles paysannes. La mise en œuvre de l’ADN environnemental montre comment la science et les savoirs locaux peuvent se compléter pour produire des informations précieuses en renforçant la gestion participative du territoire et en promouvant des stratégies innovantes pour la conservation de l’Amazonie colombienne.

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